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 Demande Particulière

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Wycen

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MessageSujet: Demande Particulière   Dim 6 Jan - 15:55

Bonjour je viens faire une demande assez particulière:

Je viens vous demander un petit service. Il y a eu un concours sur mon forum pour son anniversaire et le prix du gagnant est de voir l'histoire qu'elle a crée pour ce concours, posté sur les partenariats de notre forum dont vous faîtes partis.
Je voulais donc savoir si c'était possible de posté cette histoire sur ce forum.
Merci d'avance !
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♦Krys♦
Fonda Tyrannique & Chef

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MessageSujet: Re: Demande Particulière   Dim 6 Jan - 16:23

Bonjour (:
Bien entendu, ta demande est acceptée, il est intéressant de faire des échanges entre Forums Wink

_________________


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Wycen

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MessageSujet: Demande Particulière   Dim 6 Jan - 20:18

Merci beaucoup ! Voici l'histoire gagnante et si vous aussi vous avez besoin d'un service mon forum est ouvert !

-Alice ? Tu m’entends ? Alice ? Tu m’écoutes ? Qu’est-ce qu’il y a dans ce courrier, Alice ? Alice ?

Mathieu secouait son amie autant qu’il pouvait, il voyait bien ses yeux se remplir de larmes, au fur et à mesure qu’elle parcourait la lettre cachetée. Il lui arrivait de se comporter en enfant, et de bouder, ou de fondre en larme pour un rien, c’était ce qui la rendait attachante, c’était pourquoi il l’aimait, sans doute … Mais là, elle n’y était pour rien, et si elle se comportait ainsi, ce n’était pas a cause de son caractère, elle était triste, vraiment. Il se baissa pour être à sa taille, vu qu’elle était assise sur un banc, et l’étudia quelques secondes, avant de réagir. Il prit son amie dans ses bras, et la serra avec force, pour la réconforter. Des larmes vinrent foncer l’uniforme blanc du jeune garçon, il ne réagit pas. Il la relâcha, lui ébouriffa les cheveux et lui colla un baiser sur la joue.

-Je vais aller chercher quelqu’un qui saura quoi faire … marmonna-t-il pour lui-même.

Il alla dans les dortoirs des filles, mais ne trouva aucune amie d’Alice, alors il descendit à la salle commune. Elles y étaient presque toutes, ces filles qu’il n’aimait pas du tout. Son amie était … Pure, calme, pas artificielle, pas superficielle, et il se demandait comment elle pouvait apprécier des pétasses pareilles … Il tira une chaise, elles firent silence et l’observèrent toutes avec curiosité.

-Vous avez vu, sa lettre ?
-La lettre de qui, Pierrot ?
-Celle de votre amie, celle d’Alice.
-Alice ? Tu connais une Alice, Carla ?
-Non, et toi, Pierrot, tu connais une Alice ?

Il détestait qu’elles l’appellent Pierrot, ce surnom mesquin et ridicule, il ne savait pas où elles l’avaient trouvé, il savait juste que ça signifiait clown, en japonais, et vu qu’il n’avait pas l’air d’un clown … Il ne leur demandait pas, mais elles n’avaient pas dû chercher bien loin. En plus d’être superficielles, ces filles étaient toutes idiotes …

-Votre amie, pour information …
-Alice n’est plus rien … Elle ne sert a rien, Alice est une idiote.

Il arqua un sourcil, réfrénant l’envie de la baffer, et sortit de la salle sous les moqueries à peine déguisées des filles. Elles ne considéraient plus Alice comme une amie ? Parfait, mais alors, vers qui se tourner ? Il était vrai qu’elles étaient peu gentilles, et qu’il était remarquables qu’elles lui aient souris pendant six mois, mais leur comportement a toutes le révulsait. C’était peut être pour ça que la jeune fille pleurait …
« Si elles ne peuvent rien pour moi, je n’ai plus qu’a allé voir Eliott … »
Mathieu n’était pas très emballé par l’idée de se tourner vers le gosse de riche qui tourmentait son amie, avant de commencer à lui donner des cours de maths, mais il n’y avait que lui qui pouvait lui venir en aide puisqu’Alice lui avait dit des choses que Mathieu ne savait pas …
Si Eliott enquiquinait Alice, c’était pour une des raisons les plus idiotes. Stupide au possible.
Dans la vie d’Alice, il y avait beaucoup de choses bizarres … A commencer par un rang stupide de « princesse » de second rang. Eliott, lui faisait partie du second rang, mais sa famille a détrôné celle d’Alice pour des raisons que Mathieu ne connaissait pas. D’ailleurs, si Eliott n’adressait jamais la parole a Alice en l’appelant par son prénom, c’était a cause de cette mésentente. Apparemment, il n’avait rien contre elle …
Il passa par le parc, il savait qu’il y trouverait la personne qu’il cherchait. Ne s’appréciant pas tous deux, ils avaient pris l’habitude de ne presque jamais s’appeler par leurs prénoms respectifs. Mathieu appelait Eliott par son nom, Raven, et Eliott n’appelait pas Mathieu. Tout le monde était content.

-Toi, tu peux venir s’il te plait ?
-Toi, tu compte un jour m’adresser la parole autrement qu’en me manquant de respect ?
-Ton pseudo-rang n’est rien pour moi, Raven, alors pour une fois, sois pas l’éternel connard que tu es, et suis moi.
-Non.
-******, Eliott, tu veux pas arrêter d’être conversation, juste cinq minutes dans ta vie ?
-C’est pas comme ça que tu le persuaderas de te suivre, Mathieu, il est buté, dis lui pourquoi t’es là …
-Il est là parce que Grimm pète encore un câble, qu’il ne sait pas comment la calmer, et que ça concerne Chess.
-Chess ? Il ..?
-Non, justement. Ecoute, Pierrot, tu diras à ta copine que je n’ai pas que ça à foutre. Qu’elle se dé***** un peu.

Eliott se pencha en avant, et chuchota pour que seul Mathieu l’entende.

-Je la rejoins dans sa chambre, dès que je me débarrasse de Tom.

Le blondinet tourna les talons et se dirigea vers le banc ou il avait laissé Alice seule. Elle était recroquevillée contre elle-même, le menton sur les genoux, les yeux clos, et les joues rouges et trempées. Il lui prit la main, et l’aida à se relever. Elle se laissa faire, et se traina pitoyablement derrière lui, sans chercher à lever les pieds. Il la fit rentrer dans sa chambre, et la fit asseoir sur son lit. Elle s’adossa au mur, ferma les yeux, et attendit. Il lui essuya consciencieusement les joues, enlevant le noir qui les colorait, et il réorganisa un peu ses cheveux, qui étaient tous emmêlés, de nouveau. Elle attrapa le peigne sans convictions, et se dénoua les cheveux. Lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir, il l’embrassa sur le front, et sortit doucement. Comme Mathieu l’avait fait, Eliott se posa à genoux devant elle, et lui prit les mains.

-Grimm, qu’est-ce qui se passe ?

Elle le regarda vaguement avant de lui tendre la lettre.

Mademoiselle Alice Grimm
En raison de votre âge approchant les quinze ans, et du fait que vous soyez seule héritière de la seconde famille la plus puissante du pays, vous êtes invitée à venir passer votre cérémonie de maturation, qui fera de vous une héritière digne, loyale et puissante, de la noble famille Grimm. Cette cérémonie comportant elle-même la totalité des cinq autres familles, vous n’êtes plus conviée à cette fête, vous devez y venir. Vous prendrez le train, avec le fils du Seigneur Raven pour arriver à leur château, car, étant donné la discorde avec votre père, il a refusé de vous faire réciter le psaume. Ce sera donc le duc de la première famille qui vous fera l’honneur d’assister à votre cérémonie.
Cordialement.
-Aïe. Mon père ? Désolé pour toi.
-Tu te rends compte ? Je vais être humiliée en publique ! C’est ma faute si Chess est mort, c’est ton père qui l’a tué, et c’est lui qui présidera la soirée ! Je ne supporterais pas de remarques désobligeantes, je le sens vraiment mal, Eliott !

Sans réfléchir, elle se jeta dans ses bras, et se remit à pleurer. Il la calma tant qu’il put, murmurant des paroles rassurantes, telles que « même si ça doit pas beaucoup te réconforter, je serais là … » où « au moins tu ne verras pas ton père … ». Elle avait les yeux gonflés, et ils la brûlaient. Elle soupira.

-Je comprends, pourquoi vous nous avez détrônés … Regarde le comportement de l’héritière, a-t-elle la prestance d’une Grimm ? J’en doute, Alice est pathétique.
-Mais non, c’est normal que tu le vives mal, ça remonte a pas si longtemps, tu sais …
Il la cajola encore un petit moment, jusqu’à ce qu’elle a reprit du poil de la bête, et que son aplomb soit de retour.
-Fais moi au moins un sourire, je dois aller rejoindre Tom, il doit me chercher partout …

Elle lui décrocha un sourire, même si ses yeux étaient encore un peu rougis, et il sortit. Aussitôt qu’il la laissa seule, Mathieu déboula dans la pièce pour vérifier l’état de son amie.
Elle sourit, en le voyant rassuré.

-Il est plus doué que moi, au final …
-Mais nan, c’est juste que je lui ai refilé la lettre, et qu’il m’a dit des trucs rassurants, au sujet de tu sais quoi …
-Je comprends rien a ton histoire, tu fais la gueule a ta famille, mais pourquoi ?
-J’ai une idée, allons manger, je te raconte tout là bas, je meurs de faim.

Il sourit, reconnaissant bien son amie, et ils se dirigèrent vers le réfectoire en papotant de tout et de rien.

-Il y a plus aucune table à deux, il va falloir qu’on s’installe sur une table à quatre.
-Pas grave, personne ne s’installera, depuis qu’elles m’ont jetés, je suis inintéressante.
-Pas grave … Alors, tu m’explique ?
-Ouais, mais d’abord, tu saisis le contexte ? C’était il y a huit mois, la famille Grimm était encore la plus puissante. On possédait des terres, un bon patrimoine, du savoir, de la puissance … Et mon chien. Chess. Ce chien, mon père et moi y tenions beaucoup, et un jour, il y a eu une sorte d’accident. Chess est passé …
-Ah mais ça m’a tout l’air d’une conversation passionnante, qui pourrait m’en apprendre …
-Ah je t’en pris, Raven, ne te donne pas la peine de parler a des personnes aussi inférieur qu’Alice et de te rabaisser publiquement.

Alice fixait son repas _ qu’elle avait massacré à l’aide de sa petite cuillère tandis qu’elle parlait _ avec un air horrifié. Elle n’aimait pas qu’on l’écoute parler, elle n’aimait pas qu’on la surprenne, et elle allait parler d’Eliott ….

-C’est très gentil de faire attention a moi, Mathieu. Ça le fait plaisir, de voir qu’on en est revenus a de meilleurs thermes.

Un sourire malicieux jouait sur les lèvres d’Eliott, elle se borna à tourner la tête pour le regarder avec un air naturel.

-Alice, on peut s’asseoir ? Le repas risquerait de refroidir …
- Vas-y …

Tom pris place à côté d’elle, et Eliott a côté de Mathieu, qui marmonnait, en découpant en fines lamelles de pauvres carottes.
Alice regarda discrètement son reflet dans le dos de sa cuillère, et tenta d’apaiser le rougissement de ses joues. Contrôlant assez bien son corps, par moment du moins, elle y parvint a peu près, de manière a ce qu’on pense qu’elle avait juste chaud. Elle était juste terriblement gênée.

-Continue ce que tu racontais au Pier… A Mathieu, on t ‘écoute.

Elle hocha la tête d’un air peu sur, puis continua.

-En gros, il y est passé direct, et mon père m’en a voulus, parce qu’il faut comprendre que ce n’est que de ma faute. J’ai été idiote, et il a décidé que j’en faisais plus partie de la famille. Sauf que chez moi, je suis la seule héritière. S’il n’y a pas d’héritiers, il ne peut pas me renier … Alors il a décidé de m’envoyer ici …

-Grimm, si Chess est mort, c’est pas vraiment de ta faute, plutôt de la notre. C’est nous qui l’avons provoqués, tout en sachant ce qu’on faisait, et ce qui se passerait. Ton père a tellement de rancune envers toi qu’il en vient à presque se lier d’amitié avec ses ennemis mortels …
-Mouais, si tu le dis.
-Ce qui s’est réellement passé, c’est qu’on l’a provoqué, et il est rentré dans notre jeu.
-Arrête !

Alice plaqua ses mains sur ses oreilles, ferma les yeux et baissa la tête. Se rappeler de la mort de Chess ne l’aidait pas du tout, au contraire ! En plus, ils parlaient de choses que Mathieu devait comprendre de travers. Elle était sure que si elle regardait son ami elle lirait de la pitié a son égard, et du dégout a l’égard d’Eliott. Puis, elle regarda ses mains, tremblantes, et fut saisie de rage.
« Tu es Alice. Alice Grimm, fille de la seconde famille. Tu te dois de te ressaisir, et de ne pas flancher face à Eliott. Tu es forte, tu es puissante, et tu ne pleureras pas. »
Elle releva la tête, et défia Eliott du regard. Il parut presque fléchir, sous l’intensité et la puissance de la colère d’Alice. Il savait, qu’elle n’était pas dirigée contre lui, mais il ne pu s’empêcher de se dire que si elle avait l’intention de lui faire du mal, elle y parviendrait sans mal … Il allait falloir la briefer un peu, une fois qu’elle serait capable d’avaler ce qu’il avait à dire.

- Manges.

Elle rougit, mais cette fois ci, ce n’était pas de la gêne. Elle détestait qu’on lui donne des ordres, elle le regarda en fronçant les sourcils, et pinça les lèvres quand il se mit à sourire moqueusement. Elle avait été élevée dans l’idée qu’elle décidait, et qu’elle donnait les ordres, alors le simple fait qu’on lui dise de manger l’enquiquinait.

-Je n’ai pas faim, Raven.
-Je t’en pris Grimm, je ne suis pas stupide. Mange.

Elle roula des yeux, battit des paupières et se leva, pour débarrasser son plateau. Tom saisit son poignet, et la retint assise. Elle le fusilla du regard, mais lui avait le regard plongé dans celui d’Eliott. Si ce n’était pas de lui que venait l’initiative, alors il fallait remonter à la source … Si les yeux d’Alice étaient équipés de fusils, l’aristo serait mort …

-Alice, je fais pas ça pour te faire chier, tu t’en doutes, alors sois gentille, mange.

Il prit sa fourchette, se leva, se pencha au dessus de la table, et traça une ligne dans son assiette. Il rapatria la viande d’un côté, et les légumes de l’autre, piocha une carotte, l’avala, et fixa la brune avec un air moqueur.

-Tu manges au moins les légumes, s’il te plait.

Elle le regarda, et commença à manger, pour pouvoir rapidement décamper, les joues rouges, et les regards plantés dans celui d’Eliott, qui se rassit, amusé. Elle reporta son attention sur l’assiette, et quand elle releva la tête, elle remarqua que Tom et son ami avaient échangés de place. Elle piqua un fard, et se rabattit de nouveau sur son assiette. Tout ça sous l’œil ébahis de Mathieu qui n’avait jamais osé décréter quoi que ce soit, alors que lorsqu’Eliott le faisais, on lui obéissait. Et ce n’était pas cette stupide histoire de rang, car tout autant que lui, Alice n’en avait cure.
Au fur et à mesure qu’elle mangeait, il t’ajoutait discrètement des légumes, et de la viande, dans le côté qu’elle devait manger. Elle était si absorbée par ce qu’elle faisait, et le fait qu’elle fuie continuellement son regard, qu’elle ne vit même pas qu’elle avait vidé son assiette.

- Mais …

Un ricanement fusa à côté d’elle, elle tourna la tête et découvrit que Tom, Mathieu et Eliott étaient morts de rire, devant sa mine déconfite.

-T’as mis le temps, mais t’as mangé, et t’as rien dis, en plus !
-T’as tout foutus du même côté !

Elle lui envoya un coup de poing amical dans l’épaule, et adopta une moue boudeuse, ce qui n’eut que l’utilité de les faire rire encore plus.

-Bon, normalement, vu qu’on est en vacance, on a le droit de trainer dans le jardin, et aux alentours de la forêt. Ça vous intéresse ?
-Ouais !

Alice regarda Mathieu avec étonnement, puis elle comprit ce qu’il ressentait. Avant qu’elle n’arrive, il était exclu. Directement, elle avait été intéressée, par ce garçon solitaire, un peu parano, au début, et qui souriait dès qu’il le pouvait aux jolies filles. Quand elle avait reçut ses manuels, il l’avait aidé a tout porté, et lui avait proposé de lui tenir compagnie, pour le premier repas. Tout sourire, il avait accepté, et avaient commencés à discuter, en se rendant compte qu’ils avaient pleins de points communs. Déjà, ils étaient bruns. Ensuite, ils n’avaient aucuns amis. Pour finir, et ce n’était qu’un nombreux traits commun, ils avaient le sourire facile, et étaient tout les deux très sociables. La paire idéale, quoi. Officiellement, il était presque immédiatement devenu son meilleur ami. Mais, lorsqu’elle avait eut des problèmes en maths, c’était vers Eliott qu’elle avait dû se tourner, et il avait dû se sentir rejeté. Au moins, si on leur proposait a tous les deux, sans inclure Mathieu dans Alice, ça lui plaisait. Pour ça, qu’il s’était empressé de répondre oui.
Elle hocha la tête, et suivit Tom et son ami jusqu’à la forêt.

- Je parie que t’es jamais venus ici, Mathieu.
-Tu vises juste ! Et finalement, c’est pas mal comme endroit !

Pendant que les garçons discutaient, et qu’Eliott allumait un feu, Alice alla s’adosser a un arbre. Elle attrapa au vol la couverture qu’on lui lançait, et s’emballa dedans. Trouvant l’idée intelligente, les trois garçons s’assirent à côté d’elle, collés les quatre l’un contre l’autre, elle commençait à avoir chaud.

-C’est conversation qu’on ai pas de cartes …

Elle regarda son voisin de droite, celui qui l’avait forcé à manger ce qu’elle avait dans l’assiette, et fronça les sourcils.

-Comment ça ?
-Vous savez jouer au poker ?
- Si il pense à ce que je pense qu’il pense, il finit dans le buisson, ok Mathieu ?
-Tenu.
-Tu penses à quoi quand tu dis « poker » ?

Alice le regarda, la mine soupçonneuse, et quand il eut comprit là ou elle voulait en venir, il rigola.

-Grimm ! Je suis pas tordus a ce point ! Et puis, on aurait pas l’air conversation, si tu gagnais …
-Je gagne jamais au poker … Je suis nulle.
-Quelqu’un a des cartes ?
- Va te …
-Alice, tu lui as tendu la perche, tu penses à des trucs glauques, toi parfois …
-Eh ! Je te signale que c’est lui qu’a répondu a la pseudo-perche. En plus, moi j’ai dit que s’il y pensait, je l’envoyais dans le buisson, j’ai pas dis que ça m’intéressait !
-C’est vrai ? C’est dommage ça …
-J’ai pas besoin de jouer au poker pour me foutre a poil …

Les trois garçons la fixèrent avec un air choqué, comme si c’était très inattendus de sa part, profitant de l’idée qu’elle ai pour une fois le dessus, elle prit un air aguicheur, et se débarrassa rapidement de la couverture pour s’installer a califourchon sur son ami, qui avait perdu son sourire, contre un air visiblement surpris. Plus surpris, tu meurs, même.

-Et bah, Eliott, t’étais pas partant pour un strip-poker ?

Il la fixa avec un air perdu, tandis qu’elle se rapprochait dangereusement. Les deux autres garçons étaient muets de stupeur, face au renversement de situation.
« ******, je croyais pas Alice comme ça ! » Pensa Mathieu, et il avait raison. Elle était peut être morte de rire intérieurement, mais si elle n’avait pas été gênée en leurs présence, puis relâchée, et avec ça, ce sentiment d’adrénaline, jamais elle n’aurait eu l’idée de ce petit jeu mesquin.
D’ailleurs, elle se demandait pourquoi il ne la repoussait pas. Ils étaient censés se détester, alors qu’elle était a deux doigts de lui rouler un patin, lui la regardait juste comme si elle était devenue folle.

-Wh, Raven, tu verrais ta tête !

Puis elle éclata de rire, et se remit à sa place, en pleurant presque. Mathieu soupirait presque de soulagement, retrouvant son amie, et bientôt, Tom la rejoint. Eliott avait toujours l’air profondément choqué, qui finit même par le dérider lui-même.

-Je t’imaginerais plus coincée, Grimm.
-C’était tentant, vous auriez vu vos tronches !

Ils souriaient tous les trois, mais quelque choses gênait Eliott, ça se voyait … Il l’attira contre lui, passa un bras autour de ses épaules, et fit fi de ses demandes pour respirer.

-Eliott, tu m’écrases … J’étouffe, je respire plus. Raven, s’tue plait, je meurs là … Houhou ? Aille, tu m’écrases … ******, t’as d’la force ! Maïeur, lâche-moi ! Fais gaffe hein, l’idée du buisson tiens toujours !
-Moi aussi je t’aime Alice.

Sous les regards amusés des deux autres garçons, qui se mirent à discuter d’autres choses, Eliott enfonça son index dans les côtes d’Alice qui se mit à gigoter pour se débarrasser de son emprise, sans succès, car il était plus fort qu’elle. Pleurant presque de rire, elle le supplia d’arrêter, ses mots avalés par sa toux, il la relâcha.

-Ok, je suis désolée de m’être foutu de ta gueule, t’as dû te poser des questions …
-Un peu ouais … M’enfin, ce n’est pas déplaisant d’avoir une jolie fille assise à califourchon sur soi …
-Ah bon, y a une autre fille ici ?

Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres d’Eliott, Alice n’en revenait pas. Elle réussissait à le faire sourire ! Il avait de la fièvre ? Il la retint de nouveau prisonnière, et chuchota à son oreille

-Retires ce que tu viens de dire, ou je te lâche pas …
-D’accord, j’admets que je suis bien trop modeste, en vrai j’suis canon. Ça te va ?

Il la lâcha, et pinça les lèvres pour ne pas sourire, face à la mimique boudeuse de la jeune fille.
Au bout d’un moment, a force de chahuts, et de rires, elle finit par bailler, mais refusa de partir . Elle ne savait pas quand ils seraient aussi souriants, tous les quatre, alors elle voulait profiter du moment au maximum .
Elle finit d’ailleurs par s’endormir, et ne se réveilla que le lendemain matin, dans son lit .

Elle regarda autour d’elle, avec un air profondément déboussolé, avant de se rappeler ou elle était . Elle entendait très distinctement trois respirations a ses pieds, et regarda près du lit . La tête posée sur les mains, Eliott dormait, assis par terre, en appuis sur la couverture . Au sol, Mathieu et Tom, qui ronflaient eux aussi . Elle se retint de rire, et profita de l’instant pour les regarder de plus près .
Elle n’avait jamais vraiment l’occasion de fixer Eliott, et en profita . Elle devait avouer que des trois, il était le plus mignon . Et elle savait que Mathieu était mignon … d’ailleurs, Tom n’était pas mal du tout non plus, même si différent .Le premier, son ami depuis le début, avait des yeux verts, mais vu qu’il avait les paupières fermées, elle ne pouvait que se les rappeler . Des cheveux bruns, mi-longs, et des traits enfantins . Le second, Tom, était blond, mais elle ne se rappelait pas de la couleur de ses yeux . Pourtant elle se rappelait clairement l’avoir fusillé du regard . Mais, bleu, verts ou bruns, elle ne se rappelait plus . Et Eliott avait des yeux bleus encore plus pétillants que les siens encore plus clair, ceux d’Alice étaient lapis-lazuli, les siens étaient bleu pur . Et impénétrables, c’était agaçant … Quand a Eliott, il avait une allure étrange, a vrai dire … Grand, un peu plus qu’elle, mais a quelques centimètres seulement, on voyait qu’il faisait pas mal de sport, et avait des traits … Un peu éfféminés, mais qui restaient masculins . Des cheveux brun foncés, sans doute plus longs que les siens, raides .
Elle les dévisagea lentement, avant de sursauter, elle fixait le peu qu’elle voyait d’Eliott, sois une masse de cheveux bruns foncés s’éparpillant sur son front .

-Profiter de notre sommeil pour nous reluquer, c’est déloyal, Grimm .

***** ! Il était réveillé ! Elle rougis au maximum, mais fit mine de ne pas comprendre de quoi il parlait . Elle prit un air vexé, et déclara d’une voix railleuse :

-Punaise, t’es vraiment narcissique en fait !
-Ah ça va, je vais pas te tuer hein …

Elle enfouis son visage cramoisie sur le traversin, et décida d’y rester .

-Fais gaffe, tu vas t’étouffer …
-Si je meurs, je serais débarrassée des exercices de maths …

Un sourire malicieux joua sur les lèvres du garçon, pendant que Mathieu et Tom ouvraient les yeux .
Un ricanement s’éleva, et c’était celui de deux personnes . Ah, Tom et Mathieu avaient entendus la conversation, et la gêne d’Alice laissait croire qu’Eliott avait raison … L’ami de la jeune fille se dit que ce n’était pas forcément plus mal que ça, et que de toute manière, elle ne risquait pas de trouver quelque choses d’intéressant a lui, ou a Tom . Vu le nombre de groupies qui bavaient sur Raven … Il réprima une bouffée de jalousie mal venue, et remit les pieds sur terre .
« *****, *****, ***** . » pensa-t-elle

-Alice ne ferait jamais ça, voyons, tu devait avoir de la salade entre les dents …
-Mathieu, soit mignon, fait comme lui, avale de l’essence et suicide toi …
Nouveaux rires . Elle se sentait réellement idiote, parce qu’ils déconnaient sur son dos, et que même si elle n’avait pas honte de son geste, après tout, le peu de beaux garçons qu’il y avait dans cet établissement, elle avait bien le droi de les regarder non ?

-Au fait, qu’est-ce que vous foutez là ?! C’est MA chambre ! Et je me suis pas endormie là, en plus …
-Bah, on s’est dit que tu aurais mal au dos, si tu dormais dans l’herbe, alors je t’ai porté pour te ramener là, et comme Mathieu s’inquiétait pour toi, Tom a proposer de rester là, pour être sur que tu ne te réveillerai pas dans la nuit, ou que tu ne fasses pas de cauchemar … On a bien essayé de te tenir la main, mais apparemment, ça t’intéressait pas .
-En reprenant les mot de l’attardé, il s’inquiétait, et il préférait rester, et comme je tenait pas a te laisser seule avec le sociopathe, je suis resté .
-Pour connaitre la vérité, mieux vaut écouter Mathieu .
-Merci mec .
-De rien .
-Eh, c’est une rébellion ? Vous vous liguez contre moi, a trois ? Si c’est le cas, vous avez intérêt a vite changer d’idée … Surtout toi, Raven, parce que je peux être une enquiquineuse finie …
-Je confirme … marmonna Mathieu, qui évita de justesse un oreiller lancé afin de l’assommer .
-Va te … Je te *****, Mathieu !

Elle rougis, et détourna encore une fois le regard . Eliott la saisis par le menton, et la fixa dans les yeux, sérieux, tout a coup .

-Grimm, si tu détournes le regard pour une simple moquerie, qu’est-ce que ce sera quand tu auras une famille a mener ? Faut affronter ses problèmes, c’est comme pour les maths .
- Euh, ça a pas trop rapport là …
-La ferme, tu affrontes le problème, c’est tout .

Il se releva, sans plus de cérémonie, après l’avoir lachée, elle bondit hors du lit, et lui saisit le poignet d’un air autoritaire .

-Toi ! Va pas croire qu’a cause de cette idiotie, ou de ce stupide rang, tu sois autorisé a me parler ainsi . Je reste une Grimm, et tu n’as aucunement le droit d’hausser le ton quand tu m’adresses la parole, je suis claire ?
-Et bah voilà, tu vois quand tu veux, tu peux, suffit de raler un peu …
Il lui ébouriffa les cheveux avec un air moqueur, et elle fronça les sourcils .

-Attends, tu te fous de moi là, c’est ça ?
-On ne peut plus …

Elle étouffa un grognement, et le lacha . Mathieu et Tom s’étaient remis sur leurs deux jambes, elle adopta une mine boudeuse qui les fit sourire les trois, et s’assit sur son lit en croisant les bras .

-Z’avez arrêté de piailler autour du feu vers quelle heure a peu près ?
-Chais pas, mais va falloir songer a manger plus, Grimm, t’es un poids plume, ça fait peur .
-C’toi qui m’a ramené ?
-Ça te pose un problème ?
-Pas que je sache, c’est toujours mieux que de dormir dans l’herbe, quoique ç’aurait pu être amusant . Ce qui serait amusant, maintenant, ce serait de me laisser aller me doucher … Aller, dehors …

Eliott lui sourit avec un air moqueur et satisfait, se disant surement que la leçon était passée, et qu’elle avait compris ce qu’il disait, quand il disait qu’elle devait affronter ses problèmes …

Ils passèrent les journées suivantes ensembles, tous les quatre, ce qui changeait énormément a Mathieu, mais aussi a Alice, et a Eliott . Tom, lui, était habitué, a être entouré, alors il n’avait pas plus de mal que ça .
Vint ensuite le moment de faire les valises pour aller au domaine Raven . Alice était stressée, et tremblante . Elle n’arrêtait pas de se retourner, pour être sure que Mathieu était toujours là . A bout d’un certains temps, il vint l’aider a plier les habits, et regarda avec un air amusé les robes qu’elle fourrait dans son sac .

-Depuis quand tu t’habilles comme une vraie fille ?
-J’ai pas le choix, figure toi, ma mère a dit « Tu mettras tes pantalons quand tu reviendras en cour . »

Elle fit la grimace, et en sortit une légère, pour le train . La plupart des toilettes étaient bleus clair, parce que ça s’accordait très bien avec ses yeux . Elle avait pris le temps de tresser ses cheveux de manière habile, et y avait glissé des rubans, qui laissaient quand même quelques mèches brunes tomber en cascade . Elle avait juste rehaussé ses yeux bleus d’une poudre dorée sur les paupières, ses onglées, ses mains, ses joues, ses yeux, ses cheveux, tout était impeccable . Sauf qu’elle était d’une humeur massacrante, stressée, elle n’arrêtait pas de faire demi tour, de virevolter, de changer d’idée, d’avis, d’humeur .

-Tiens, Alice en robe ?

Elle se retourna et se planta devant Eliott avec un air mauvais .

-Toi, tu fais un commentaire, tu passes le trajet dans la soute .
- Nerveuse ?
-Elle dit que nan, j’imagines qu’elle flippe …
- Je m’en doute …
-Z’auriez l’obligeance d’arrêter de parler comme si j’étais pas là ?

Elle se retourna, et força sur la valise pour la fermer . Elle tourna de nouveau les talons, et faillit s’étaler, de tout son long … Elle releva le bas de sa robe, pinça les lèvres, et envoya valser les chaussures noires a talons, qu’elle troqua contre de vieilles tennis grises déstructurées, sous les regards moqueurs de ses camarades de classe . Elle attrapa les chaussures, qui gisaient au sol, abandonnées, les fourra dans un sac, et posa le tout au sol .

-Bien, la voiture de Ma Dame est avancée .
-C’est ça ouais …

Elle lui lança un regard suspicieux, et lacha ce qu’elle tenait pour se jeter sur son ami .

-T’as interet a bosser hein, une semaine, ça peut tooout changer, alors tu fais pas la feignasse, tu bosses … Tu vas me manquer, Mathieu …
-Toi aussi, Alice, tu vas me manquer, toi aussi …

Après les aurevoirs, ils tournèrent vers le train, qui n’était pas encore partit, et allèrent s’installer dans un wagon vide .

-Alice, il va sérieusement falloir que tu revoies ton oratoire … Tu parles comme n’importe quelle adolescente de ville, ça fais peur …
-Je sais me tenir en publique, j’ai eu une bonne éducation, je te rappelle …
-Et, me frappe pas, parce que je l’ai jamais fait, là ou on va, le vouvoiement est de rigueur .
-Pardon ?! Je ne te vouvoierais pas, j’y arriverais pas, tu te fous de ma gueule ? Euh, pardon… Aurais-tu l’obligeance de cesser cette comédie ?
-Eh, Dante, ta « Divine comédie », je l’ai pas écrite …
-Dante, c’est très spirituel, Raven …
-Soit mignonne, quand on arrive, tu attends que je me sois débarrassé des formalité pour gueuler, cet a dire, attends d’être en priver, pour te défouler .

Elle hocha la tête, d’un air mutique, et fixa ses pieds chaussés de vieilles tennis .

-Et tu changeras de souliers, avant qu’on arrive ..?
-Certainement …

Il lui releva la tête, et lui offrit un sourire tout a fait charmant .

-Grimm, tu te présentes aujourd’hui comme la protégée des Raven, demain, pour ta cérémonie, et le reste de la semaine, je te promet qu’on part se pommer dans la forêt .
-Sérieux ? Euh, je veux dire Promis ?
-Sérieux .

Elle sourit, et fixa la fenêtre avec un air déjà moins mutique .

-Ça me fais peur … J’ai peur d’arriver, en fait, j’ai peur qu’on me prenne pour … Je sais pas, l’idiote qui a tué sa K, Le déshonneur des Grimms, celle que le fils Raven a pris sous son aile, sans mauvais jeu de mots …
-Grimm, tu me fais confiance ? Personne ne pensera ce genre de choses de toi, quand on va descendre, tu vas sortir en tenant ma main, la tête haute, le menton relevé, le dos droit, un sourire flottant sur les lèvres comme si on avait plaisanté tout le trajet, tu vas sourire, avec un air doux, si, tu peux le faire, et si on te parle, tu inclines la tête, tu me regardes comme si je devais t’autoriser a répondre … Mais tu regardes les gens avec un air supérieur, toujours . N’oublies pas qui tu es … D’ailleur, évites de trop ouvrir la bouche, parce que t’as tendance a déployer des tésors de vulgarité, a force de côtoyer des gens … Vulgaire, va-t-on dire …
-D’accord .
-Voilà, et tu ne t’éparpilles pas partout . Sois structurée, et calme . Ne bouge pas trop vite, si ça peut t’aider, cale ton pas sur le miens .

Elle hocha la tête, il avait réussis à la faire stresser de nouveau, il fallait qu’elle retienne :
Papillonner des yeux, le fixer en mode groupiasse, incliner la tête, l’imiter, jouer la pétasse timide, se la boucler … Ah oui, il avait raison, elle était assez vulgaire, quand même …

-Bah, on va tester ça … Maintenant, le train s’est arrêté …

Elle serra les dents, enleva ses tennis, remis les chaussures a talons sur lesquelles elle ne tenait pas debout, et aggripa fermement le bras d’Eliott .

-Il y a du monde ?
-Selon les dires des autres, tous les invités présents a ta cérémonie de maturité, donc oui … Respire Alice, c’est des gens qui idolâtrent ta famille, s’ils se jettent pas a tes pieds, je vais perdre dix euros …
-T’as parié que je me ridiculiserais ?!
-Non, moi j’ai parié que tu t’emmêlerai pas les crayon, si tu foire, tu me dois dix euros …
-T’as parié … Vous avez parié avec qui ?!
-Avec Tom …
-Ok, nous sommes d’accord, si je le croise, seul, je l’étrangle …

Il sourit, poussa les battants, et descendit du wagon . Sur le quais de la gare, on distinguait clairement une silhouette droite, et bien tenue, qui contrastait avec le reste des habitants, mal soignés …

-Respire Grimm, t’as encore au moisn cinq minutes de voiture .
-Oublies, j’me tire .
-Non non non !

Il la rattrapa par la taille tandis qu’elle se défilait et faisait demi tour, et l’attira a lui avec un sourire moqueur . Il làcha sa main pour lui entourer les épaules, avec un air nonchalant, et la força a marcher jusqu’à la voiture .

-Le « carosse » de Ma Dame est avancé …
- Il me revient que j’ai oublié une veste a laquelle je tenais énormément, dans notre compartiment, je vous serais grès de m’attendre, tandis que je pars la chercher …
-Il me semble que tu es arrivé dans le train sans veste …
-Et bien, je vais retourner a l’académie pour la récupérer …

Au lieu de discuter, il la poussa à l’arrière de la voiture, et enclencha la sécurité de la porte, au cas ou elle ne tente une escapade forcée .

-Ça va aller, je ne suis pas non plus stupide au point de me jeter par la portière .
-Les Grimms ont un sens assez aigus de la fuite, Alice …

Elle fusilla du regard le conducteur .

-Tom ?!
-Ouais ?
-T’as de la chance d’être au volant, tu serais mort, sinon … J’ai l’autorisation de le tutoyer lui hein ? Enfin, n’est-ce pas … Eliott ?

Un ricanement se fit entendre à l’avant, et Alice broya la main d’Eliott pour ne pas étrangler Tom .

Elle regarda les paysages, bailla, remis en ordre sa coiffure et son maquillage, et eu a peine le temps de souffler que les cinq minutes étaient passées, et qu’ils arrivaient au domaine des Ravens .

-Bienvenue à la maison, Eliott .
-T’es chez toi aussi, Tom … Et Grimm, pour une semaine …
-J’imagines que t… Vous connaissez la réponse …
-Je me doutes …
-C’est marrant de te voir le vouvoyer, sachant que tu es bien plus classée que moi, et que je le tutoie . Et surtout, qu’il n’y a pas deux jours, tu lui a refais une leçon de morale sur ta supériorité …
-Tom, je serais toi, je la fermerai, elle a l’intention de te coller jusqu’à ce que vous soyez seuls tous les deux, pour t’éviscerer, et te pendre avec tes boyaux …
-Tu m’en veux a ce point ?
-A ce point, ouais, et rien que pour pas devoir dix euros a Ell… A …C omment on doit s’appeler en fait ?
-Ah *****, j’en ai aucune idée …
-Seigneur Raven, ça fera l’affaire, j’imagines … Ricana Tom .
-Tu dis Eliott, ou Raven . Mais principalement Eliott, pour qu’on voit qu’on est plus ou moins proche, mais qu’on n’en a pas rien a carrer, des formes .
-Ah ouais … Bref, rien que pour pas lui devoir dix euros, j’vais me comporter … Comme quelqu’un de mon rang, Paf ! Dans le … Mince, Argh, faut que je me taise …

Pendant qu’Eliott soupirait, découragé, Alice s’appliquait a se taire, mimant le geste de se fermer la bouche, et de jeter la clé .
-On est arrivés .
-J’ai oublié ma veste a l’académie, je peux pas sortir sans veste !

Avec un sourire amusé, Eliott enleva sa propre veste pour la poser sur ls épaules d’Alice .

-C’est de la pure mise en scène, Grimm, alors laisse la là, ça pourrait faire genre …
-Ouais, et on va se rouler un patin aussi, pour faire genre …
-L’idée est tentante, mais je me ferai étriper, ce serai … Désolant …

Elle fronça le nez, et descendit en première, il poussa la portière, la referma, et la prit par la taille pour se diriger dans l’allée . Les chuchotis allèrent bon train, tandis qu’elle essayait tantôt de regarder les gens en souriant, tantôt de papilloner des yeux en reardant Eliott .

Elle reconnut quelques visages familiers, et dû s’adonner au jeu des sourires, des présentations, ou juste des iformations .

-Oh, miss Alice, vous avez grandit ! Qui aurait crut qu’une Grimm viendrait passer sa cérémonie de maturité au domaine des Ravens ?! Certainement pas moi en tout cas ! Auriez vous vu votre père ?
-Oh, je suis navrée miss Sally, je ne l’ai pas croisé depuis il y a six mois …
-Ah oui, l’incident … Désolée pour vous … Mais je suis heureuse que vous vous rappeliez de moi …
-Alice, il faudrait voir a avancer, Tom est déjà a l’autre bout du chemin .

Elle baissa humblement la tête, le remerciant intérieurement de la délivrer de cette femme, et fit rougir ses joues .

-Je ne peux qu’acquiescer, nous n’avons qu’a le rejoindre … Encore merci, et bonne journée !
-Tu te démordes bien …

Chuchota Eliott quand la femme fut partie .

-Oh Mademoiselle Grimm !
-Lady Shizuka !
-Vous avez fière allure, Alice … Eliott, c’est vous qui l’accompagnez ?
-Oui, Sarah, J’éssaie de me frayer un chemin parmis la foule d’amis venus la saluer, pour l’accompagner a ses appartements …
-Pas de problème, venez donc par là, jeunes gens …

Elle se composa une mine interessée, et fit mine de parler, de sorte que personne ne vienne l’interrompre .

-Alors les relations entre nos deux familles ennemies sont redevenues moins tendues …
-N’en soyez pas si sure, Lady Sarah, si j’accompagne ma … Camarade, ce n’est que par pure formalité …
-Eliott, mon garçon, je vous connais bien, ce regard n’est pas aussi professionnel que le miens … Les deux vieux sont sans doute toujours en conflit, mais vous avez l’air plus clairvoyants, et plus intelligents … Les deux familles maitresses se doivent de se réconcilier …

Alice lança un sourire a Eliott, un sourire que seul la jeune femme japonaise, et lui, pouvaient apercevoir, et qui en disait long sur ce qu’elle pensait .

-Désolée, ça m’a échappé, mais cette comédie me fatigue, je ne vois pas l’utilité de sourire, et de faire des courbettes, s’il faut, hors regards papillonnants, expliquer a tout le monde a quel point l’entente est difficile …
-Alice, on a pas le choix … Vous m’éxcuserez, Sarah, je vous remercie pour la « protection » apportée, nous allons continuer seuls …

Lady Shizuka s’arrêta, lui sourit, et fit demi tour en inclinant la tête . Eliott poussa la porte, et la referma derrière lui . Il poussa Alice contre le mur, et posa ses mains sur le mur de manière a être au dessus d’elle .
-*****, Alice, tu pourrais pas la fermer ?! Si t’agis comme une bourge devant les autres, ils y croient, mais Sarah, elle n’est pas idiote, et elle va répéter ça a qui veut l’entendre, alors sois mignonne, ferme la .
-Je TE demande pardon ?! Depuis quand TU emploies ce genre de propos contre moi ?! Je te signale que si tu ne m’avais pas retenue, je serais loin ! Alors tu l’as un peu cherché hein !
-Alice ! Calmes toi, abrutie ! T’es idiote ou quoi ?!
Elle le fixa avec une lueur mauvaise du fond du regard .

-Répète ce que tu viens de dire !
-Tu es une idiote, Alice .

Il avait dit ça calmement, comme si le fait de faire du mal a Alice ne lui faisait rien . Elle bouillait sur place, et s’était pris une gifle intérieur très douloureuse .
Elle leva la main, paume tendue, et se sentit happée en arrière avant d’avoir réussis a toucher Eliott . Elle l’avait manqué de quelques centimètres a peine . Et la gifle avait faillit l’atteindre .

-Alice, arrête !
-Lache moi, Tom ! Laisse le se comporter en homme, si je veux lui en coller une, il est assez grand pour se défendre !
-Non Alice, c’est pas exactement ça … Eliott ?
- J’imagines que si on lui dit pas, son père ne lui dira pas .

Tom la retenait fermement, en l’aggripant au niveau des coudes seulement . Elle se débattit violement pour qu’il la lache, mais ne parviens qu’a se fatiguer .

-Arrête de t’énerver, Alice, tu vas t’épuiser .
-Lache moi !

Ses yeux se remplissaient de larmes, de rage, parce qu’elle ne parvenait pas a se libérer, et aussi a cause de ce qu’Eliott lui avait dit . Il fallait avouer que ce genre de choses fait mal . Là, seulement, il la lacha, elle lutta pour ne pas s’écraser par terre, et préserver un minimum d’équilibre .

-Alice . Calme toi, tu veux ?
-Aurais tu l’obligeances de fermer ta gueule ?!

Elle avait peut être crié un peu fort, certes, mais au moins, si elle ne pouvait pas y mettre les mains, elle y mettais du cœur . Elle leur tourna le dos, le temps de faire sécher ses yeux, et se retourna, les yeux emplis de haine .

-Raven, dis a ton sous fifre, que la prochaine fois qu’il me touche, je le fracasse . Ensuite, je répète, tu ne me parles pas comme ça . Si t’as besoin de te sentir supérieur, dis le, je vouvoie des cons, ça me changerais pas d’en vouvoyer un de plus, mais n’imagines pas que je sois de l’une des familles de sous catégorie qui se courbe devant ta belle gueule . Ce n’est pas le cas, ce ne le sera jamais, c’est bien clair ?

Eliott la regardait, calmement, passivement, tandis qu’elle calmait ses nerfs a lui hurler dessus .

-C’est bon, Mademoiselle je suis au dessus de tout le monde, t’es calmée ?

Il était un peu blasé par son comportement de gamine, parce qu’il savait, qu’elle avait du mal a supporter tout ça, et qu’il n’était pas foncièrement gentil, mais il fallait la faire taire, et il fallait qu’il puisse lui montrer ce qu’il avait a lui montrer . Il savait aussi que son commentaire était plus que méchant, et qu’il avait dû la blesser, mais il n’avait pas le choix . Il s’approcha de la jeune fille, qui était, ça se voyait, a deux doigts de fondre en larme, et l’enlaça maladroitement .

-Vas y, ne te retiens pas, tu peux pleurer devant moi, tu l’as déjà fais, ça ne me déranges pas …
-Tais … Toi .

Elle resta debout, bras balants, et fondit en larmes, le visage appuyé contre son épaule .

Il avait raison, elle avait déjà pleuré devant lui . Elle s’en rappelait assez distinctement, et lui encore plus . Parce qu’il était là, le jour ou tout est partit en cacahuètes …

Elle lançait le plus possible Chess a l’assaut de Nyx . Mais la K. des Ravens était encore plus puissante que sa kréature a elle . Elle avait finit par triompher .
-Vas y, Nyx, achève le .

La K, une louve croisée avec un guepard, un lion, et un poulet, avait une fourrure blanche qui reflétait chaque parcèle de lumière, lorsqu’il faisait nuit . Chess était un cheval, un étalons blanc, qui avait des yeux taillés dans du saphir . Un cavalier d’échiquier … Et Nyx, en abbatant sa patte, l’avait presque broyé .

-Chess !

Lorsque sa K avait été frappée, la douleur pshysique avait été si grande qu’elle était tombé a la renverse, et c’était Eliott qui l’avait rattrapé, avant que sa tête n’heurte le sol . Déjà que son père et lui ne se parlaient plus, mais le Seigneur de Raven aurait aimé voir la petite Grimm mourir, car sans héritier, le pouvoir leur revenait de droit . Son fils, n’étant pas aussi tordus, avait foncé, et avait atterit juste . Comme son père avait refusé de lui parler après ça, il s’était lui-même occupé d’Alice, le temps qu’elle se réveille . Il l’avait allongée sur l’un des nombreux canapés que contenait la bibliothèque, et avait attendus son réveil .
Quand elle avait ouvert les yeux, sa tête était posée contre les genoux d’Eliott . Elle savait qu’il la haïssait, il savait que c’était réciproque . Elle avait relevé la tête tellement vite qu’elle était tombée en arrière par la suite, avant de se relever rapidement, de nouveau, et de courir à la terrasse . Dès qu’elle s’était levée, il la suivit, pour l’empecher de regarder par le balcon, mais c’était trop tard, elle était déjà penchée en avant . Il la tira en arrière, pendant qu’elle se laissait tomber sur le sol .

-Grimm ! Qu’est-ce qui te prends de courir, alors que tu viens de tomber dans les pommes, t’es idiote ou quoi ?!
-Raven ! Je te signale que vu mon rang comparé au tiens, tu me dois le respect, alors lache moi, et laisse moi voir ce que je veux voir .
-Comme vous voudrez, majesté …

Il était vexé, et commençait a se dire qu’il aurait mieux fait de la laisser s’exploser le crane . Il n’aimait pas qu’on le rabaisse, alors qu’une Grimm lui rappel qui il était … il la lacha, et la laissa regarder le sol .

-Chess !

Un cris fusa, elle hurla . Il la retint, la tira en arrière, et l’envoya valser dans la bibliothèque avant de fermer la porte fenêtre et les volets .

-Stop, Grimm ! Ça va aller !

Elle le regarda, horrifiée, et se figea . Il s’approcha, et lui pris maladroitement la main . Ç’allait être compliqué, de rassurer une fille qu’il n’aimait pas du tout .

-Ils ont ! Vous avez ! Ils …

Elle fondit en larme, alors il la poussa doucement, pour la faire s’asseoir sur le canapé, pendant qu’elle se mettait à pleurer. Maladroitement, il la prit dans ses bras, et la cajola jusqu’à ce qu’elle s’endorme.

~

-C’est dégueulasse, ce que tu me dis.
-Je sais, Grimm, je sais. Désolé. Vraiment, je ne le pensais pas.
-Promis ?
-Grimm, je te le jure. Je peux t’expliquer pourquoi quand tu es en colère tu ne dois surtout pas lever la mais sur moi, ou sur Tom ?
- Je ne sais pas trop, j’ai peut de me faire arnaquer …
-Tu me fais confiance ?
-J’imagine …

Il lui prit la main, et l’emmena plus loin, près des barbecues, qui, laissés a l’abandon avaient servis de table de chimie a Tom.

-Alice, ne te mets pas a hurler. D’accord ?

Elle hocha la tête; peu assurée, et le regarda. Il tendit la main, comme s’il voulait qu’elle la prenne, et, paume tendue, fit courir le long de son bras, de gigantesques flammes.

-Vas-y, prends ma main.
-Tu te fous de ma gueule ?!
-Bien sur que non !

Elle lui lança un regard aigus, et lui répondit par un sourire moqueur, elle savait ce qu’il pensait, elle savait qu’il se disait qu’elle avait peur, elle posa sa main sur la sienne. Les flammes léchèrent d’abord ses avant bras, avant de se rétracter, elle eut beau ne pas bouger, celles-ci refusaient de revenir sur elle.

-Comment ?!
-Bah, c’est facile. Eux choses, la première, je les maitrise, mon but n’étant pas de te carboniser … La seconde, encore mieux, même si je voulais, je n’y parviendrais pas, regardes …

Il prit sa main, et devant un verre d’eau, la laissa.

- Vas-y, essaie de me la balancer dessus, Grimm.

Elle le regarda, amusée, et secoua la main comme une gamine, avant de fermer les yeux, à cause du soleil. Quand elle les rouvrit, Eliott était sec, mais Tom soufflait sur ses mèches trempées avec un air surpris, comme si ce n’était pas à lui de se prendre l’eau.
Le verre était plein.

-Grimm, tu gères.
-Je ….
-Tu cales maintenant, pourquoi c’était vous les numéros un, et pourquoi si tu me claques, je suis dans la ***** ?

Elle hocha faiblement la tête, et le regarda avec un air amusé, contente de la découverte du jour. Un peu secoué, peut être …

Il lui ébouriffa les cheveux, et se retourna. Une mine embêtée se dessina sur son visage. Alice, elle fixait ses mains avec étonnement.

-Grimm ?
-Ouais ?

Elle releva la tête elle aussi, et pinça les lèvres, avant de se redresser, de prendre un air embêté, et timide, et de fixer les trois enfants des trois autres grandes familles.
Dans le tas, il y avait Catherine, le vent, une jolie pétasse comme on en fait pas deux.
Suivait Amaryllis, la terre. Réservée, peu sure d’elle, la jeune fille de la dernière catégorie.
Et, l’enfant de la quatrième famille, qui ne servait strictement à rien, et qui était là, seulement pour l’équilibre.

-Et bien, nous constatons avec joie que miss Grimm a fait la récente découverte de ses dons, a défaut d’avoir su protéger Chess, et qu’elle est suffisamment proche de vous, pour vous tutoyer … Et qu’elle a un langage réellement désastreux.
-Plait-il ? Ce n’est pas à moi qu’elle s’adressait, mais a Tom.
-Oui, exactement … Nous vous croyons tous les trois, n’est-ce pas Amaryllis ? N’est-ce pas, l’autre ?
-Fous lui la paix, Catherine, elle est plus haut placé que toi, tu lui dois le respect.
-Elle a perdu sa K ! Elle est minable !

Alice s’avança à grands pas furieux, et se pointa devant la blondasse qui la toisait avec dédain.

-Jamais je ne m’abaisserais au rang minable, car je te serais toujours supérieur, vois-tu ? Tes parents doivent avoir honte de toi, ta famille ne dois rêver que de te renier, alors ne me fais pas passer pour une faible, parce que ce que je vois quand je te regarde, ou quand je regarde ceux qui te fixent, c’est de la pitié. Catherine, la fille qui ne savait pas se démerder sans son groupes de serviteurs … La fille incapable de sourire, ou juste, la pétasse qui se croyait supérieur aux autres. Tu n’es qu’un troisième rang, tu ne connaîtras jamais l’honneur d’être respectée, et crois moi, ça vaut mieux ainsi.

Eliott les regardait avec un air mi amusé mi embêté, il tira Alice par le bras, elle résista.

-Arrêtes ça Alice, elle va aller se plaindre a mon père …
-Rappelles moi c’est quand qu’on se tire ..?
-Ce soir, tu racontes ta vie à des gens, pour la cérémonie. Demain on déjeune, et on se casse.
-Ok, donc tu peux me la montrer, ma chambre ?
- Allez-y faites comme si on n’était pas là !
-T’inquiète pas, c’est ce qu’on fait … Tu montes, Alice ?

Il lui ouvrit la porte et la fit entrer à l’intérieur. Elle alla se poser sur le lit, et lui, tira une chaise d’un bureau pour s’asseoir en face d’elle.

-Alors, j’ai géré ? Je me dé***** bien ?
-Oui, bon, Catherine est une … Bref, et l’idée de nous voir réconcilier les deux familles la met en rage, parce que si nous nous entredétruisons, elle aura la première place … Tu comprends ?
-Bah ouais, je comprends aussi que je ne l’aime pas du tout, et que cohabiter va être chaud …
-En revanche, tu devrais porter plus d’attention a ton langage, en privé comme en publique, si tu y fais attention, tu auras moins de difficultés …
-D’accord, je vais essayer de remettre ça d’équerre.
-Bien, bon je te laisse, tu devrais dormir un peu … Je viendrais te chercher ce soir …

Il ferma la porte, alors elle se glissa sous les couvertures. La lumière du jour ne la dérangea pas, elle ronfla comme un sonneur jusqu’à environs dix neuf heures. Eliott rentra car elle ne ‘entendait pas frapper a la porte, et dû la secouer pour la réveiller.

-Alice ?
-Mmh ?
-Debout, t’as qu’une demie heure pour te préparer …
-Mmh …

Comme elle ne l’écoutait pas, il la fit s’asseoir et la regarda un moment avant de s’emparer des pinces posées sur la table de chevet. Il remit sa coiffure en ordre, la remontant un peu, pour ne pas qu’elle a l’air de ne pas s’être peignée, et la tira en avant pour qu’elle se lève.

-Bon, je sais que t’es crevée, mais fais un effort, va te changer, je t’attends là.

Elle se dirigea dans la salle de bain pour enfiler une autre robe. Plus cintrée, et qui faisait plus adulte. Blanche, avec des manches amples, qui couvraient ses mains lorsque ses bras restaient ballants, et le jupon, assez fournis, s’arrêtait dessous ses genoux. Elle remit en ordre son maigre maquillage, et sortit de la salle de bain.

-Nickel. On y va ?

Elle hocha la tête, avec un air maussade, avant de faire demi tour, et de foncer dans la salle de bain. Faiblarde, elle sortit de la valise une paire de boucle d’oreilles en cristal et en argent, et les attacha à ses oreilles. Pas qu’elle veuille être plus jolie que la moyenne ou autre, mais ces boucles appartenaient a sa mère, alors elle avait tout intérêt à les porter. Elle se baissa, et fit sortir une parure de cristal, toujours, qu’elle attacha à son cou. Voilà, là, c’était nickel.

-C’est bon ?
-Ouais, deux secondes … Je mets des godasses pas trop pourries … Tu peux vérifier qu’elles ne sont pas sous le meuble à coté du lit ?
- Nan, elles n’y sont pas …
-Ok …

Elle sortit, pieds nus, et le regarda avec un air embêté.

-J’ai oublié mes godasses dans le train, et les bleus ne vont pas avec le reste …
-Pas grave, on n’a pas le temps de trainer, ai l’air assuré, on pensera que c’est bon.

Ils descendirent et traversèrent le chemin qui les menaient a l’église en courant, malgré les pieds nus d’Alice, et poussèrent les portes doucement, en cherchant leur respiration.
Quand elle fit son entrée, elle était radieuse, et toute trace de sommeil avait été effacée. Elle n’était pas extraordinairement belle ou quoi que ce soit, mais elle resplendissait la fierté, même si tout était joué. On se tut, et les invités s’assirent, la laissant traverser la pièce, pour se poster devant le seigneur de Raven. Elle inclina la tête avec humilité, et la releva quand il le lui demanda.

Toute la cérémonie se déroula avec légèreté. Le père d’Eliott était très pro, il ne dit rien de mauvais sur Alice, lui fit réciter le psaume, en quelques temps, ce fut réglé, et elle put aller se coucher dès que tout fut finit, et qu’elle eut salué les invités. Elle rayonnait toujours, mais avait peut être un peu trop but, car chaque fois qu’elle venait parler vers quelqu’un, elle acceptait le verre de vin qu’on lui tendait. Eliott la rattrapa, saoule, qui cherchais la sortie, près des escaliers.

-Grimm ! P… Mais qu’est-ce que tu as bus ? Pas du jus, m’est avis. Bon, cas de force majeure, je vais dire qu’on rentre.
-P p pourquoi ? C’est amusant, Mmh de rester là, les gens sont sympâ …
-Ouais, mais t’es ivre, alors accélère.
Il la conduisit dehors, malgré ses protestations, et la fit rentrer dans le manoir aussi vite qu’il put. Elle grelottait, mais n’avait pas les idées claires … Il la fit s’asseoir, enleva les boucles d’oreilles, le collier, et les pinces, et sortit en éteignant la lumière. Elle dormait déjà, assise, sur le lit …

Le lendemain, il ouvrit la porte elle n’avait pas bougé. Quand il la secoua, elle gémit, et plaqua ses deux mains contre ses tempes.

-Parles pas si fort, idiot ! Je souffre là, ça ne se voit pas ?!
-T’as la gueule de bois, t’as trop bu, pour une première fois …

Elle renifla dédaigneusement, et accepta le verre et le cachet qu’il lui tendit.

-Bon, tu t’apprêtes, on va partir déjeuner, puis on part en randonnée, comme je t’avais dit.

Elle hocha la tête, se changea, enfila un pantalon et un tee shirt, et descendit déjeuner. Assise, elle ne toucha pas à son repas, prétextant le mal de tête, qui s’était évaporé un quart d’heure après la prise du cachet. Elle en profitait surtout pour démêler ses émotions, et se demander si ce qu’elle ressentait quand il lui parlait, c’était vraiment ce qu’elle pensait. Puis ils partirent.

Cinq minutes après s’être engagé sur le sentier, il se demanda si c’était une bonne idée .Il passa une main dans ses cheveux, et tourna la tête pour regarder derrière lui. La petite brune le suivait sans difficulté, et lui lançait de temps à autre des œillades pour le moins intéressantes ... Il finit par soupirer, et s'arrêta. Il fallait que ça cesse, tout, les faux espoirs qu'elle entretenait, tout ... Il se mordit la lèvre, sachant qu'il lui ferait plus de mal s'il n'agissait pas ainsi ... Tout, dans les vibrations d'Alice montrait qu'elle ressentait plus que de l'amitié, et lui, qu'avait-il a dire ? Il s'était fait endoctriner de la même manière qu'elle ... Il se haïssait presque, mais il n'avait pas intérêt a rater ce qu'il allait faire, parce qu'après, elle le détesterait tellement qu'elle ne voudrais plus le voir, alors au moins lui laisser un bon souvenir ...Il la pris par les poignet, le regard résolus, et sourit de son air interrogatif .

-Désolé ...

Et il l'attira contre lui. Le tout ne dura pas plus de trente secondes, ce fut un baiser chaste, sans plus, mais Alice se sentait subitement mieux, parce qu'il avait compris. Il fourra son visage dans ses cheveux lâchés, qu'elle avait laissé retomber en cagues sur ses épaules, elle arrêta de respirer .Quand il se décida à la fixer, elle perdit son beau sourire, face a son air résigné, et las.

-Qu'est ce qu'il y a, Eliott ? Je suis nulle hein, c'est ça ? Ou alors tu as compris que...
- Non, Alice, ce n'est pas ça ...

Un sourire triste lui échappa.

-Si seulement ... Alice, ce n'est pas une histoire de toi, ou même de moi, ça dépasse ça ... Je voulais juste que tu le saches ... Et que tu comprennes que malgré tout, c'est impossible.

Elle recula, les yeux humides, et le regarda avec un air triste. Il déposa un baiser sur son front, et partit, la laissant seule, avec son chagrin, et ses pensées obscures, avec sa toute première peine de coeur ... Et un couteau, soigneusement rangé dans la poche ...
Elle le sortit, fit jouer la lame contre son pouce et ressentit une légère douleur quand le sang perla. Elle ressentit aussi une toute autre choses, la sensation d'être vivante, et elle se dit que si elle voulait le ressentir de nouveau, elle devait retenter l'expérience, à plus grande échelle. Elle se sentait lasse, très lasse ... Si retenter signait son arrêt de mort, tant pis ... A quoi bon vivre quand on est rejette ?
Elle regarda le manche d'argent incrusté de Saphir, et pris sa décision. Et maintenant, la meilleure chose à faire était d'attendre que le sang s'égoutte, puis se disperse, la laissant inerte, mais avec ce sentiment de vie ... puis la mort.

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Wycen

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MessageSujet: Demande Particulière   Dim 6 Jan - 20:21

Désolé du Dp, mais l'histoire c'est mal affiché:

-Alice ? Tu m’entends ? Alice ? Tu m’écoutes ? Qu’est-ce qu’il y a dans ce courrier, Alice ? Alice ?

Mathieu secouait son amie autant qu’il pouvait, il voyait bien ses yeux se remplir de larmes, au fur et à mesure qu’elle parcourait la lettre cachetée. Il lui arrivait de se comporter en enfant, et de bouder, ou de fondre en larme pour un rien, c’était ce qui la rendait attachante, c’était pourquoi il l’aimait, sans doute … Mais là, elle n’y était pour rien, et si elle se comportait ainsi, ce n’était pas a cause de son caractère, elle était triste, vraiment. Il se baissa pour être à sa taille, vu qu’elle était assise sur un banc, et l’étudia quelques secondes, avant de réagir. Il prit son amie dans ses bras, et la serra avec force, pour la réconforter. Des larmes vinrent foncer l’uniforme blanc du jeune garçon, il ne réagit pas. Il la relâcha, lui ébouriffa les cheveux et lui colla un baiser sur la joue.

-Je vais aller chercher quelqu’un qui saura quoi faire … marmonna-t-il pour lui-même.

Il alla dans les dortoirs des filles, mais ne trouva aucune amie d’Alice, alors il descendit à la salle commune. Elles y étaient presque toutes, ces filles qu’il n’aimait pas du tout. Son amie était … Pure, calme, pas artificielle, pas superficielle, et il se demandait comment elle pouvait apprécier des pétasses pareilles … Il tira une chaise, elles firent silence et l’observèrent toutes avec curiosité.

-Vous avez vu, sa lettre ?
-La lettre de qui, Pierrot ?
-Celle de votre amie, celle d’Alice.
-Alice ? Tu connais une Alice, Carla ?
-Non, et toi, Pierrot, tu connais une Alice ?

Il détestait qu’elles l’appellent Pierrot, ce surnom mesquin et ridicule, il ne savait pas où elles l’avaient trouvé, il savait juste que ça signifiait clown, en japonais, et vu qu’il n’avait pas l’air d’un clown … Il ne leur demandait pas, mais elles n’avaient pas dû chercher bien loin. En plus d’être superficielles, ces filles étaient toutes idiotes …

-Votre amie, pour information …
-Alice n’est plus rien … Elle ne sert a rien, Alice est une idiote.

Il arqua un sourcil, réfrénant l’envie de la baffer, et sortit de la salle sous les moqueries à peine déguisées des filles. Elles ne considéraient plus Alice comme une amie ? Parfait, mais alors, vers qui se tourner ? Il était vrai qu’elles étaient peu gentilles, et qu’il était remarquables qu’elles lui aient souris pendant six mois, mais leur comportement a toutes le révulsait. C’était peut être pour ça que la jeune fille pleurait …
« Si elles ne peuvent rien pour moi, je n’ai plus qu’a allé voir Eliott … »
Mathieu n’était pas très emballé par l’idée de se tourner vers le gosse de riche qui tourmentait son amie, avant de commencer à lui donner des cours de maths, mais il n’y avait que lui qui pouvait lui venir en aide puisqu’Alice lui avait dit des choses que Mathieu ne savait pas …
Si Eliott enquiquinait Alice, c’était pour une des raisons les plus idiotes. Stupide au possible.
Dans la vie d’Alice, il y avait beaucoup de choses bizarres … A commencer par un rang stupide de « princesse » de second rang. Eliott, lui faisait partie du second rang, mais sa famille a détrôné celle d’Alice pour des raisons que Mathieu ne connaissait pas. D’ailleurs, si Eliott n’adressait jamais la parole a Alice en l’appelant par son prénom, c’était a cause de cette mésentente. Apparemment, il n’avait rien contre elle …
Il passa par le parc, il savait qu’il y trouverait la personne qu’il cherchait. Ne s’appréciant pas tous deux, ils avaient pris l’habitude de ne presque jamais s’appeler par leurs prénoms respectifs. Mathieu appelait Eliott par son nom, Raven, et Eliott n’appelait pas Mathieu. Tout le monde était content.

-Toi, tu peux venir s’il te plait ?
-Toi, tu compte un jour m’adresser la parole autrement qu’en me manquant de respect ?
-Ton pseudo-rang n’est rien pour moi, Raven, alors pour une fois, sois pas l’éternel connard que tu es, et suis moi.
-Non.
-******, Eliott, tu veux pas arrêter d’être conversation, juste cinq minutes dans ta vie ?
-C’est pas comme ça que tu le persuaderas de te suivre, Mathieu, il est buté, dis lui pourquoi t’es là …
-Il est là parce que Grimm pète encore un câble, qu’il ne sait pas comment la calmer, et que ça concerne Chess.
-Chess ? Il ..?
-Non, justement. Ecoute, Pierrot, tu diras à ta copine que je n’ai pas que ça à foutre. Qu’elle se dé***** un peu.

Eliott se pencha en avant, et chuchota pour que seul Mathieu l’entende.

-Je la rejoins dans sa chambre, dès que je me débarrasse de Tom.

Le blondinet tourna les talons et se dirigea vers le banc ou il avait laissé Alice seule. Elle était recroquevillée contre elle-même, le menton sur les genoux, les yeux clos, et les joues rouges et trempées. Il lui prit la main, et l’aida à se relever. Elle se laissa faire, et se traina pitoyablement derrière lui, sans chercher à lever les pieds. Il la fit rentrer dans sa chambre, et la fit asseoir sur son lit. Elle s’adossa au mur, ferma les yeux, et attendit. Il lui essuya consciencieusement les joues, enlevant le noir qui les colorait, et il réorganisa un peu ses cheveux, qui étaient tous emmêlés, de nouveau. Elle attrapa le peigne sans convictions, et se dénoua les cheveux. Lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir, il l’embrassa sur le front, et sortit doucement. Comme Mathieu l’avait fait, Eliott se posa à genoux devant elle, et lui prit les mains.

-Grimm, qu’est-ce qui se passe ?

Elle le regarda vaguement avant de lui tendre la lettre.

Mademoiselle Alice Grimm
En raison de votre âge approchant les quinze ans, et du fait que vous soyez seule héritière de la seconde famille la plus puissante du pays, vous êtes invitée à venir passer votre cérémonie de maturation, qui fera de vous une héritière digne, loyale et puissante, de la noble famille Grimm. Cette cérémonie comportant elle-même la totalité des cinq autres familles, vous n’êtes plus conviée à cette fête, vous devez y venir. Vous prendrez le train, avec le fils du Seigneur Raven pour arriver à leur château, car, étant donné la discorde avec votre père, il a refusé de vous faire réciter le psaume. Ce sera donc le duc de la première famille qui vous fera l’honneur d’assister à votre cérémonie.
Cordialement.
-Aïe. Mon père ? Désolé pour toi.
-Tu te rends compte ? Je vais être humiliée en publique ! C’est ma faute si Chess est mort, c’est ton père qui l’a tué, et c’est lui qui présidera la soirée ! Je ne supporterais pas de remarques désobligeantes, je le sens vraiment mal, Eliott !

Sans réfléchir, elle se jeta dans ses bras, et se remit à pleurer. Il la calma tant qu’il put, murmurant des paroles rassurantes, telles que « même si ça doit pas beaucoup te réconforter, je serais là … » où « au moins tu ne verras pas ton père … ». Elle avait les yeux gonflés, et ils la brûlaient. Elle soupira.

-Je comprends, pourquoi vous nous avez détrônés … Regarde le comportement de l’héritière, a-t-elle la prestance d’une Grimm ? J’en doute, Alice est pathétique.
-Mais non, c’est normal que tu le vives mal, ça remonte a pas si longtemps, tu sais …
Il la cajola encore un petit moment, jusqu’à ce qu’elle a reprit du poil de la bête, et que son aplomb soit de retour.
-Fais moi au moins un sourire, je dois aller rejoindre Tom, il doit me chercher partout …

Elle lui décrocha un sourire, même si ses yeux étaient encore un peu rougis, et il sortit. Aussitôt qu’il la laissa seule, Mathieu déboula dans la pièce pour vérifier l’état de son amie.
Elle sourit, en le voyant rassuré.

-Il est plus doué que moi, au final …
-Mais nan, c’est juste que je lui ai refilé la lettre, et qu’il m’a dit des trucs rassurants, au sujet de tu sais quoi …
-Je comprends rien a ton histoire, tu fais la gueule a ta famille, mais pourquoi ?
-J’ai une idée, allons manger, je te raconte tout là bas, je meurs de faim.

Il sourit, reconnaissant bien son amie, et ils se dirigèrent vers le réfectoire en papotant de tout et de rien.

-Il y a plus aucune table à deux, il va falloir qu’on s’installe sur une table à quatre.
-Pas grave, personne ne s’installera, depuis qu’elles m’ont jetés, je suis inintéressante.
-Pas grave … Alors, tu m’explique ?
-Ouais, mais d’abord, tu saisis le contexte ? C’était il y a huit mois, la famille Grimm était encore la plus puissante. On possédait des terres, un bon patrimoine, du savoir, de la puissance … Et mon chien. Chess. Ce chien, mon père et moi y tenions beaucoup, et un jour, il y a eu une sorte d’accident. Chess est passé …
-Ah mais ça m’a tout l’air d’une conversation passionnante, qui pourrait m’en apprendre …
-Ah je t’en pris, Raven, ne te donne pas la peine de parler a des personnes aussi inférieur qu’Alice et de te rabaisser publiquement.

Alice fixait son repas _ qu’elle avait massacré à l’aide de sa petite cuillère tandis qu’elle parlait _ avec un air horrifié. Elle n’aimait pas qu’on l’écoute parler, elle n’aimait pas qu’on la surprenne, et elle allait parler d’Eliott ….

-C’est très gentil de faire attention a moi, Mathieu. Ça le fait plaisir, de voir qu’on en est revenus a de meilleurs thermes.

Un sourire malicieux jouait sur les lèvres d’Eliott, elle se borna à tourner la tête pour le regarder avec un air naturel.

-Alice, on peut s’asseoir ? Le repas risquerait de refroidir …
- Vas-y …

Tom pris place à côté d’elle, et Eliott a côté de Mathieu, qui marmonnait, en découpant en fines lamelles de pauvres carottes.
Alice regarda discrètement son reflet dans le dos de sa cuillère, et tenta d’apaiser le rougissement de ses joues. Contrôlant assez bien son corps, par moment du moins, elle y parvint a peu près, de manière a ce qu’on pense qu’elle avait juste chaud. Elle était juste terriblement gênée.

-Continue ce que tu racontais au Pier… A Mathieu, on t ‘écoute.

Elle hocha la tête d’un air peu sur, puis continua.

-En gros, il y est passé direct, et mon père m’en a voulus, parce qu’il faut comprendre que ce n’est que de ma faute. J’ai été idiote, et il a décidé que j’en faisais plus partie de la famille. Sauf que chez moi, je suis la seule héritière. S’il n’y a pas d’héritiers, il ne peut pas me renier … Alors il a décidé de m’envoyer ici …

-Grimm, si Chess est mort, c’est pas vraiment de ta faute, plutôt de la notre. C’est nous qui l’avons provoqués, tout en sachant ce qu’on faisait, et ce qui se passerait. Ton père a tellement de rancune envers toi qu’il en vient à presque se lier d’amitié avec ses ennemis mortels …
-Mouais, si tu le dis.
-Ce qui s’est réellement passé, c’est qu’on l’a provoqué, et il est rentré dans notre jeu.
-Arrête !

Alice plaqua ses mains sur ses oreilles, ferma les yeux et baissa la tête. Se rappeler de la mort de Chess ne l’aidait pas du tout, au contraire ! En plus, ils parlaient de choses que Mathieu devait comprendre de travers. Elle était sure que si elle regardait son ami elle lirait de la pitié a son égard, et du dégout a l’égard d’Eliott. Puis, elle regarda ses mains, tremblantes, et fut saisie de rage.
« Tu es Alice. Alice Grimm, fille de la seconde famille. Tu te dois de te ressaisir, et de ne pas flancher face à Eliott. Tu es forte, tu es puissante, et tu ne pleureras pas. »
Elle releva la tête, et défia Eliott du regard. Il parut presque fléchir, sous l’intensité et la puissance de la colère d’Alice. Il savait, qu’elle n’était pas dirigée contre lui, mais il ne pu s’empêcher de se dire que si elle avait l’intention de lui faire du mal, elle y parviendrait sans mal … Il allait falloir la briefer un peu, une fois qu’elle serait capable d’avaler ce qu’il avait à dire.

- Manges.

Elle rougit, mais cette fois ci, ce n’était pas de la gêne. Elle détestait qu’on lui donne des ordres, elle le regarda en fronçant les sourcils, et pinça les lèvres quand il se mit à sourire moqueusement. Elle avait été élevée dans l’idée qu’elle décidait, et qu’elle donnait les ordres, alors le simple fait qu’on lui dise de manger l’enquiquinait.

-Je n’ai pas faim, Raven.
-Je t’en pris Grimm, je ne suis pas stupide. Mange.

Elle roula des yeux, battit des paupières et se leva, pour débarrasser son plateau. Tom saisit son poignet, et la retint assise. Elle le fusilla du regard, mais lui avait le regard plongé dans celui d’Eliott. Si ce n’était pas de lui que venait l’initiative, alors il fallait remonter à la source … Si les yeux d’Alice étaient équipés de fusils, l’aristo serait mort …

-Alice, je fais pas ça pour te faire chier, tu t’en doutes, alors sois gentille, mange.

Il prit sa fourchette, se leva, se pencha au dessus de la table, et traça une ligne dans son assiette. Il rapatria la viande d’un côté, et les légumes de l’autre, piocha une carotte, l’avala, et fixa la brune avec un air moqueur.

-Tu manges au moins les légumes, s’il te plait.

Elle le regarda, et commença à manger, pour pouvoir rapidement décamper, les joues rouges, et les regards plantés dans celui d’Eliott, qui se rassit, amusé. Elle reporta son attention sur l’assiette, et quand elle releva la tête, elle remarqua que Tom et son ami avaient échangés de place. Elle piqua un fard, et se rabattit de nouveau sur son assiette. Tout ça sous l’œil ébahis de Mathieu qui n’avait jamais osé décréter quoi que ce soit, alors que lorsqu’Eliott le faisais, on lui obéissait. Et ce n’était pas cette stupide histoire de rang, car tout autant que lui, Alice n’en avait cure.
Au fur et à mesure qu’elle mangeait, il t’ajoutait discrètement des légumes, et de la viande, dans le côté qu’elle devait manger. Elle était si absorbée par ce qu’elle faisait, et le fait qu’elle fuie continuellement son regard, qu’elle ne vit même pas qu’elle avait vidé son assiette.

- Mais …

Un ricanement fusa à côté d’elle, elle tourna la tête et découvrit que Tom, Mathieu et Eliott étaient morts de rire, devant sa mine déconfite.

-T’as mis le temps, mais t’as mangé, et t’as rien dis, en plus !
-T’as tout foutus du même côté !

Elle lui envoya un coup de poing amical dans l’épaule, et adopta une moue boudeuse, ce qui n’eut que l’utilité de les faire rire encore plus.

-Bon, normalement, vu qu’on est en vacance, on a le droit de trainer dans le jardin, et aux alentours de la forêt. Ça vous intéresse ?
-Ouais !

Alice regarda Mathieu avec étonnement, puis elle comprit ce qu’il ressentait. Avant qu’elle n’arrive, il était exclu. Directement, elle avait été intéressée, par ce garçon solitaire, un peu parano, au début, et qui souriait dès qu’il le pouvait aux jolies filles. Quand elle avait reçut ses manuels, il l’avait aidé a tout porté, et lui avait proposé de lui tenir compagnie, pour le premier repas. Tout sourire, il avait accepté, et avaient commencés à discuter, en se rendant compte qu’ils avaient pleins de points communs. Déjà, ils étaient bruns. Ensuite, ils n’avaient aucuns amis. Pour finir, et ce n’était qu’un nombreux traits commun, ils avaient le sourire facile, et étaient tout les deux très sociables. La paire idéale, quoi. Officiellement, il était presque immédiatement devenu son meilleur ami. Mais, lorsqu’elle avait eut des problèmes en maths, c’était vers Eliott qu’elle avait dû se tourner, et il avait dû se sentir rejeté. Au moins, si on leur proposait a tous les deux, sans inclure Mathieu dans Alice, ça lui plaisait. Pour ça, qu’il s’était empressé de répondre oui.
Elle hocha la tête, et suivit Tom et son ami jusqu’à la forêt.

- Je parie que t’es jamais venus ici, Mathieu.
-Tu vises juste ! Et finalement, c’est pas mal comme endroit !

Pendant que les garçons discutaient, et qu’Eliott allumait un feu, Alice alla s’adosser a un arbre. Elle attrapa au vol la couverture qu’on lui lançait, et s’emballa dedans. Trouvant l’idée intelligente, les trois garçons s’assirent à côté d’elle, collés les quatre l’un contre l’autre, elle commençait à avoir chaud.

-C’est conversation qu’on ai pas de cartes …

Elle regarda son voisin de droite, celui qui l’avait forcé à manger ce qu’elle avait dans l’assiette, et fronça les sourcils.

-Comment ça ?
-Vous savez jouer au poker ?
- Si il pense à ce que je pense qu’il pense, il finit dans le buisson, ok Mathieu ?
-Tenu.
-Tu penses à quoi quand tu dis « poker » ?

Alice le regarda, la mine soupçonneuse, et quand il eut comprit là ou elle voulait en venir, il rigola.

-Grimm ! Je suis pas tordus a ce point ! Et puis, on aurait pas l’air conversation, si tu gagnais …
-Je gagne jamais au poker … Je suis nulle.
-Quelqu’un a des cartes ?
- Va te …
-Alice, tu lui as tendu la perche, tu penses à des trucs glauques, toi parfois …
-Eh ! Je te signale que c’est lui qu’a répondu a la pseudo-perche. En plus, moi j’ai dit que s’il y pensait, je l’envoyais dans le buisson, j’ai pas dis que ça m’intéressait !
-C’est vrai ? C’est dommage ça …
-J’ai pas besoin de jouer au poker pour me foutre a poil …

Les trois garçons la fixèrent avec un air choqué, comme si c’était très inattendus de sa part, profitant de l’idée qu’elle ai pour une fois le dessus, elle prit un air aguicheur, et se débarrassa rapidement de la couverture pour s’installer a califourchon sur son ami, qui avait perdu son sourire, contre un air visiblement surpris. Plus surpris, tu meurs, même.

-Et bah, Eliott, t’étais pas partant pour un strip-poker ?

Il la fixa avec un air perdu, tandis qu’elle se rapprochait dangereusement. Les deux autres garçons étaient muets de stupeur, face au renversement de situation.
« ******, je croyais pas Alice comme ça ! » Pensa Mathieu, et il avait raison. Elle était peut être morte de rire intérieurement, mais si elle n’avait pas été gênée en leurs présence, puis relâchée, et avec ça, ce sentiment d’adrénaline, jamais elle n’aurait eu l’idée de ce petit jeu mesquin.
D’ailleurs, elle se demandait pourquoi il ne la repoussait pas. Ils étaient censés se détester, alors qu’elle était a deux doigts de lui rouler un patin, lui la regardait juste comme si elle était devenue folle.

-Wh, Raven, tu verrais ta tête !

Puis elle éclata de rire, et se remit à sa place, en pleurant presque. Mathieu soupirait presque de soulagement, retrouvant son amie, et bientôt, Tom la rejoint. Eliott avait toujours l’air profondément choqué, qui finit même par le dérider lui-même.

-Je t’imaginerais plus coincée, Grimm.
-C’était tentant, vous auriez vu vos tronches !

Ils souriaient tous les trois, mais quelque choses gênait Eliott, ça se voyait … Il l’attira contre lui, passa un bras autour de ses épaules, et fit fi de ses demandes pour respirer.

-Eliott, tu m’écrases … J’étouffe, je respire plus. Raven, s’tue plait, je meurs là … Houhou ? Aille, tu m’écrases … ******, t’as d’la force ! Maïeur, lâche-moi ! Fais gaffe hein, l’idée du buisson tiens toujours !
-Moi aussi je t’aime Alice.

Sous les regards amusés des deux autres garçons, qui se mirent à discuter d’autres choses, Eliott enfonça son index dans les côtes d’Alice qui se mit à gigoter pour se débarrasser de son emprise, sans succès, car il était plus fort qu’elle. Pleurant presque de rire, elle le supplia d’arrêter, ses mots avalés par sa toux, il la relâcha.

-Ok, je suis désolée de m’être foutu de ta gueule, t’as dû te poser des questions …
-Un peu ouais … M’enfin, ce n’est pas déplaisant d’avoir une jolie fille assise à califourchon sur soi …
-Ah bon, y a une autre fille ici ?

Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres d’Eliott, Alice n’en revenait pas. Elle réussissait à le faire sourire ! Il avait de la fièvre ? Il la retint de nouveau prisonnière, et chuchota à son oreille

-Retires ce que tu viens de dire, ou je te lâche pas …
-D’accord, j’admets que je suis bien trop modeste, en vrai j’suis canon. Ça te va ?

Il la lâcha, et pinça les lèvres pour ne pas sourire, face à la mimique boudeuse de la jeune fille.
Au bout d’un moment, a force de chahuts, et de rires, elle finit par bailler, mais refusa de partir . Elle ne savait pas quand ils seraient aussi souriants, tous les quatre, alors elle voulait profiter du moment au maximum .
Elle finit d’ailleurs par s’endormir, et ne se réveilla que le lendemain matin, dans son lit .

Elle regarda autour d’elle, avec un air profondément déboussolé, avant de se rappeler ou elle était . Elle entendait très distinctement trois respirations a ses pieds, et regarda près du lit . La tête posée sur les mains, Eliott dormait, assis par terre, en appuis sur la couverture . Au sol, Mathieu et Tom, qui ronflaient eux aussi . Elle se retint de rire, et profita de l’instant pour les regarder de plus près .
Elle n’avait jamais vraiment l’occasion de fixer Eliott, et en profita . Elle devait avouer que des trois, il était le plus mignon . Et elle savait que Mathieu était mignon … d’ailleurs, Tom n’était pas mal du tout non plus, même si différent .Le premier, son ami depuis le début, avait des yeux verts, mais vu qu’il avait les paupières fermées, elle ne pouvait que se les rappeler . Des cheveux bruns, mi-longs, et des traits enfantins . Le second, Tom, était blond, mais elle ne se rappelait pas de la couleur de ses yeux . Pourtant elle se rappelait clairement l’avoir fusillé du regard . Mais, bleu, verts ou bruns, elle ne se rappelait plus . Et Eliott avait des yeux bleus encore plus pétillants que les siens encore plus clair, ceux d’Alice étaient lapis-lazuli, les siens étaient bleu pur . Et impénétrables, c’était agaçant … Quand a Eliott, il avait une allure étrange, a vrai dire … Grand, un peu plus qu’elle, mais a quelques centimètres seulement, on voyait qu’il faisait pas mal de sport, et avait des traits … Un peu éfféminés, mais qui restaient masculins . Des cheveux brun foncés, sans doute plus longs que les siens, raides .
Elle les dévisagea lentement, avant de sursauter, elle fixait le peu qu’elle voyait d’Eliott, sois une masse de cheveux bruns foncés s’éparpillant sur son front .

-Profiter de notre sommeil pour nous reluquer, c’est déloyal, Grimm .

***** ! Il était réveillé ! Elle rougis au maximum, mais fit mine de ne pas comprendre de quoi il parlait . Elle prit un air vexé, et déclara d’une voix railleuse :

-Punaise, t’es vraiment narcissique en fait !
-Ah ça va, je vais pas te tuer hein …

Elle enfouis son visage cramoisie sur le traversin, et décida d’y rester .

-Fais gaffe, tu vas t’étouffer …
-Si je meurs, je serais débarrassée des exercices de maths …

Un sourire malicieux joua sur les lèvres du garçon, pendant que Mathieu et Tom ouvraient les yeux .
Un ricanement s’éleva, et c’était celui de deux personnes . Ah, Tom et Mathieu avaient entendus la conversation, et la gêne d’Alice laissait croire qu’Eliott avait raison … L’ami de la jeune fille se dit que ce n’était pas forcément plus mal que ça, et que de toute manière, elle ne risquait pas de trouver quelque choses d’intéressant a lui, ou a Tom . Vu le nombre de groupies qui bavaient sur Raven … Il réprima une bouffée de jalousie mal venue, et remit les pieds sur terre .
« *****, *****, ***** . » pensa-t-elle

-Alice ne ferait jamais ça, voyons, tu devait avoir de la salade entre les dents …
-Mathieu, soit mignon, fait comme lui, avale de l’essence et suicide toi …
Nouveaux rires . Elle se sentait réellement idiote, parce qu’ils déconnaient sur son dos, et que même si elle n’avait pas honte de son geste, après tout, le peu de beaux garçons qu’il y avait dans cet établissement, elle avait bien le droi de les regarder non ?

-Au fait, qu’est-ce que vous foutez là ?! C’est MA chambre ! Et je me suis pas endormie là, en plus …
-Bah, on s’est dit que tu aurais mal au dos, si tu dormais dans l’herbe, alors je t’ai porté pour te ramener là, et comme Mathieu s’inquiétait pour toi, Tom a proposer de rester là, pour être sur que tu ne te réveillerai pas dans la nuit, ou que tu ne fasses pas de cauchemar … On a bien essayé de te tenir la main, mais apparemment, ça t’intéressait pas .
-En reprenant les mot de l’attardé, il s’inquiétait, et il préférait rester, et comme je tenait pas a te laisser seule avec le sociopathe, je suis resté .
-Pour connaitre la vérité, mieux vaut écouter Mathieu .
-Merci mec .
-De rien .
-Eh, c’est une rébellion ? Vous vous liguez contre moi, a trois ? Si c’est le cas, vous avez intérêt a vite changer d’idée … Surtout toi, Raven, parce que je peux être une enquiquineuse finie …
-Je confirme … marmonna Mathieu, qui évita de justesse un oreiller lancé afin de l’assommer .
-Va te … Je te *****, Mathieu !

Elle rougis, et détourna encore une fois le regard . Eliott la saisis par le menton, et la fixa dans les yeux, sérieux, tout a coup .

-Grimm, si tu détournes le regard pour une simple moquerie, qu’est-ce que ce sera quand tu auras une famille a mener ? Faut affronter ses problèmes, c’est comme pour les maths .
- Euh, ça a pas trop rapport là …
-La ferme, tu affrontes le problème, c’est tout .

Il se releva, sans plus de cérémonie, après l’avoir lachée, elle bondit hors du lit, et lui saisit le poignet d’un air autoritaire .

-Toi ! Va pas croire qu’a cause de cette idiotie, ou de ce stupide rang, tu sois autorisé a me parler ainsi . Je reste une Grimm, et tu n’as aucunement le droit d’hausser le ton quand tu m’adresses la parole, je suis claire ?
-Et bah voilà, tu vois quand tu veux, tu peux, suffit de raler un peu …
Il lui ébouriffa les cheveux avec un air moqueur, et elle fronça les sourcils .

-Attends, tu te fous de moi là, c’est ça ?
-On ne peut plus …

Elle étouffa un grognement, et le lacha . Mathieu et Tom s’étaient remis sur leurs deux jambes, elle adopta une mine boudeuse qui les fit sourire les trois, et s’assit sur son lit en croisant les bras .

-Z’avez arrêté de piailler autour du feu vers quelle heure a peu près ?
-Chais pas, mais va falloir songer a manger plus, Grimm, t’es un poids plume, ça fait peur .
-C’toi qui m’a ramené ?
-Ça te pose un problème ?
-Pas que je sache, c’est toujours mieux que de dormir dans l’herbe, quoique ç’aurait pu être amusant . Ce qui serait amusant, maintenant, ce serait de me laisser aller me doucher … Aller, dehors …

Eliott lui sourit avec un air moqueur et satisfait, se disant surement que la leçon était passée, et qu’elle avait compris ce qu’il disait, quand il disait qu’elle devait affronter ses problèmes …

Ils passèrent les journées suivantes ensembles, tous les quatre, ce qui changeait énormément a Mathieu, mais aussi a Alice, et a Eliott . Tom, lui, était habitué, a être entouré, alors il n’avait pas plus de mal que ça .
Vint ensuite le moment de faire les valises pour aller au domaine Raven . Alice était stressée, et tremblante . Elle n’arrêtait pas de se retourner, pour être sure que Mathieu était toujours là . A bout d’un certains temps, il vint l’aider a plier les habits, et regarda avec un air amusé les robes qu’elle fourrait dans son sac .

-Depuis quand tu t’habilles comme une vraie fille ?
-J’ai pas le choix, figure toi, ma mère a dit « Tu mettras tes pantalons quand tu reviendras en cour . »

Elle fit la grimace, et en sortit une légère, pour le train . La plupart des toilettes étaient bleus clair, parce que ça s’accordait très bien avec ses yeux . Elle avait pris le temps de tresser ses cheveux de manière habile, et y avait glissé des rubans, qui laissaient quand même quelques mèches brunes tomber en cascade . Elle avait juste rehaussé ses yeux bleus d’une poudre dorée sur les paupières, ses onglées, ses mains, ses joues, ses yeux, ses cheveux, tout était impeccable . Sauf qu’elle était d’une humeur massacrante, stressée, elle n’arrêtait pas de faire demi tour, de virevolter, de changer d’idée, d’avis, d’humeur .

-Tiens, Alice en robe ?

Elle se retourna et se planta devant Eliott avec un air mauvais .

-Toi, tu fais un commentaire, tu passes le trajet dans la soute .
- Nerveuse ?
-Elle dit que nan, j’imagines qu’elle flippe …
- Je m’en doute …
-Z’auriez l’obligeance d’arrêter de parler comme si j’étais pas là ?

Elle se retourna, et força sur la valise pour la fermer . Elle tourna de nouveau les talons, et faillit s’étaler, de tout son long … Elle releva le bas de sa robe, pinça les lèvres, et envoya valser les chaussures noires a talons, qu’elle troqua contre de vieilles tennis grises déstructurées, sous les regards moqueurs de ses camarades de classe . Elle attrapa les chaussures, qui gisaient au sol, abandonnées, les fourra dans un sac, et posa le tout au sol .

-Bien, la voiture de Ma Dame est avancée .
-C’est ça ouais …

Elle lui lança un regard suspicieux, et lacha ce qu’elle tenait pour se jeter sur son ami .

-T’as interet a bosser hein, une semaine, ça peut tooout changer, alors tu fais pas la feignasse, tu bosses … Tu vas me manquer, Mathieu …
-Toi aussi, Alice, tu vas me manquer, toi aussi …

Après les aurevoirs, ils tournèrent vers le train, qui n’était pas encore partit, et allèrent s’installer dans un wagon vide .

-Alice, il va sérieusement falloir que tu revoies ton oratoire … Tu parles comme n’importe quelle adolescente de ville, ça fais peur …
-Je sais me tenir en publique, j’ai eu une bonne éducation, je te rappelle …
-Et, me frappe pas, parce que je l’ai jamais fait, là ou on va, le vouvoiement est de rigueur .
-Pardon ?! Je ne te vouvoierais pas, j’y arriverais pas, tu te fous de ma gueule ? Euh, pardon… Aurais-tu l’obligeance de cesser cette comédie ?
-Eh, Dante, ta « Divine comédie », je l’ai pas écrite …
-Dante, c’est très spirituel, Raven …
-Soit mignonne, quand on arrive, tu attends que je me sois débarrassé des formalité pour gueuler, cet a dire, attends d’être en priver, pour te défouler .

Elle hocha la tête, d’un air mutique, et fixa ses pieds chaussés de vieilles tennis .

-Et tu changeras de souliers, avant qu’on arrive ..?
-Certainement …

Il lui releva la tête, et lui offrit un sourire tout a fait charmant .

-Grimm, tu te présentes aujourd’hui comme la protégée des Raven, demain, pour ta cérémonie, et le reste de la semaine, je te promet qu’on part se pommer dans la forêt .
-Sérieux ? Euh, je veux dire Promis ?
-Sérieux .

Elle sourit, et fixa la fenêtre avec un air déjà moins mutique .

-Ça me fais peur … J’ai peur d’arriver, en fait, j’ai peur qu’on me prenne pour … Je sais pas, l’idiote qui a tué sa K, Le déshonneur des Grimms, celle que le fils Raven a pris sous son aile, sans mauvais jeu de mots …
-Grimm, tu me fais confiance ? Personne ne pensera ce genre de choses de toi, quand on va descendre, tu vas sortir en tenant ma main, la tête haute, le menton relevé, le dos droit, un sourire flottant sur les lèvres comme si on avait plaisanté tout le trajet, tu vas sourire, avec un air doux, si, tu peux le faire, et si on te parle, tu inclines la tête, tu me regardes comme si je devais t’autoriser a répondre … Mais tu regardes les gens avec un air supérieur, toujours . N’oublies pas qui tu es … D’ailleur, évites de trop ouvrir la bouche, parce que t’as tendance a déployer des tésors de vulgarité, a force de côtoyer des gens … Vulgaire, va-t-on dire …
-D’accord .
-Voilà, et tu ne t’éparpilles pas partout . Sois structurée, et calme . Ne bouge pas trop vite, si ça peut t’aider, cale ton pas sur le miens .

Elle hocha la tête, il avait réussis à la faire stresser de nouveau, il fallait qu’elle retienne :
Papillonner des yeux, le fixer en mode groupiasse, incliner la tête, l’imiter, jouer la pétasse timide, se la boucler … Ah oui, il avait raison, elle était assez vulgaire, quand même …

-Bah, on va tester ça … Maintenant, le train s’est arrêté …

Elle serra les dents, enleva ses tennis, remis les chaussures a talons sur lesquelles elle ne tenait pas debout, et aggripa fermement le bras d’Eliott .

-Il y a du monde ?
-Selon les dires des autres, tous les invités présents a ta cérémonie de maturité, donc oui … Respire Alice, c’est des gens qui idolâtrent ta famille, s’ils se jettent pas a tes pieds, je vais perdre dix euros …
-T’as parié que je me ridiculiserais ?!
-Non, moi j’ai parié que tu t’emmêlerai pas les crayon, si tu foire, tu me dois dix euros …
-T’as parié … Vous avez parié avec qui ?!
-Avec Tom …
-Ok, nous sommes d’accord, si je le croise, seul, je l’étrangle …

Il sourit, poussa les battants, et descendit du wagon . Sur le quais de la gare, on distinguait clairement une silhouette droite, et bien tenue, qui contrastait avec le reste des habitants, mal soignés …

-Respire Grimm, t’as encore au moisn cinq minutes de voiture .
-Oublies, j’me tire .
-Non non non !

Il la rattrapa par la taille tandis qu’elle se défilait et faisait demi tour, et l’attira a lui avec un sourire moqueur . Il làcha sa main pour lui entourer les épaules, avec un air nonchalant, et la força a marcher jusqu’à la voiture .

-Le « carosse » de Ma Dame est avancé …
- Il me revient que j’ai oublié une veste a laquelle je tenais énormément, dans notre compartiment, je vous serais grès de m’attendre, tandis que je pars la chercher …
-Il me semble que tu es arrivé dans le train sans veste …
-Et bien, je vais retourner a l’académie pour la récupérer …

Au lieu de discuter, il la poussa à l’arrière de la voiture, et enclencha la sécurité de la porte, au cas ou elle ne tente une escapade forcée .

-Ça va aller, je ne suis pas non plus stupide au point de me jeter par la portière .
-Les Grimms ont un sens assez aigus de la fuite, Alice …

Elle fusilla du regard le conducteur .

-Tom ?!
-Ouais ?
-T’as de la chance d’être au volant, tu serais mort, sinon … J’ai l’autorisation de le tutoyer lui hein ? Enfin, n’est-ce pas … Eliott ?

Un ricanement se fit entendre à l’avant, et Alice broya la main d’Eliott pour ne pas étrangler Tom .

Elle regarda les paysages, bailla, remis en ordre sa coiffure et son maquillage, et eu a peine le temps de souffler que les cinq minutes étaient passées, et qu’ils arrivaient au domaine des Ravens .

-Bienvenue à la maison, Eliott .
-T’es chez toi aussi, Tom … Et Grimm, pour une semaine …
-J’imagines que t… Vous connaissez la réponse …
-Je me doutes …
-C’est marrant de te voir le vouvoyer, sachant que tu es bien plus classée que moi, et que je le tutoie . Et surtout, qu’il n’y a pas deux jours, tu lui a refais une leçon de morale sur ta supériorité …
-Tom, je serais toi, je la fermerai, elle a l’intention de te coller jusqu’à ce que vous soyez seuls tous les deux, pour t’éviscerer, et te pendre avec tes boyaux …
-Tu m’en veux a ce point ?
-A ce point, ouais, et rien que pour pas devoir dix euros a Ell… A …C omment on doit s’appeler en fait ?
-Ah *****, j’en ai aucune idée …
-Seigneur Raven, ça fera l’affaire, j’imagines … Ricana Tom .
-Tu dis Eliott, ou Raven . Mais principalement Eliott, pour qu’on voit qu’on est plus ou moins proche, mais qu’on n’en a pas rien a carrer, des formes .
-Ah ouais … Bref, rien que pour pas lui devoir dix euros, j’vais me comporter … Comme quelqu’un de mon rang, Paf ! Dans le … Mince, Argh, faut que je me taise …

Pendant qu’Eliott soupirait, découragé, Alice s’appliquait a se taire, mimant le geste de se fermer la bouche, et de jeter la clé .
-On est arrivés .
-J’ai oublié ma veste a l’académie, je peux pas sortir sans veste !

Avec un sourire amusé, Eliott enleva sa propre veste pour la poser sur ls épaules d’Alice .

-C’est de la pure mise en scène, Grimm, alors laisse la là, ça pourrait faire genre …
-Ouais, et on va se rouler un patin aussi, pour faire genre …
-L’idée est tentante, mais je me ferai étriper, ce serai … Désolant …

Elle fronça le nez, et descendit en première, il poussa la portière, la referma, et la prit par la taille pour se diriger dans l’allée . Les chuchotis allèrent bon train, tandis qu’elle essayait tantôt de regarder les gens en souriant, tantôt de papilloner des yeux en reardant Eliott .

Elle reconnut quelques visages familiers, et dû s’adonner au jeu des sourires, des présentations, ou juste des iformations .

-Oh, miss Alice, vous avez grandit ! Qui aurait crut qu’une Grimm viendrait passer sa cérémonie de maturité au domaine des Ravens ?! Certainement pas moi en tout cas ! Auriez vous vu votre père ?
-Oh, je suis navrée miss Sally, je ne l’ai pas croisé depuis il y a six mois …
-Ah oui, l’incident … Désolée pour vous … Mais je suis heureuse que vous vous rappeliez de moi …
-Alice, il faudrait voir a avancer, Tom est déjà a l’autre bout du chemin .

Elle baissa humblement la tête, le remerciant intérieurement de la délivrer de cette femme, et fit rougir ses joues .

-Je ne peux qu’acquiescer, nous n’avons qu’a le rejoindre … Encore merci, et bonne journée !
-Tu te démordes bien …

Chuchota Eliott quand la femme fut partie .

-Oh Mademoiselle Grimm !
-Lady Shizuka !
-Vous avez fière allure, Alice … Eliott, c’est vous qui l’accompagnez ?
-Oui, Sarah, J’éssaie de me frayer un chemin parmis la foule d’amis venus la saluer, pour l’accompagner a ses appartements …
-Pas de problème, venez donc par là, jeunes gens …

Elle se composa une mine interessée, et fit mine de parler, de sorte que personne ne vienne l’interrompre .

-Alors les relations entre nos deux familles ennemies sont redevenues moins tendues …
-N’en soyez pas si sure, Lady Sarah, si j’accompagne ma … Camarade, ce n’est que par pure formalité …
-Eliott, mon garçon, je vous connais bien, ce regard n’est pas aussi professionnel que le miens … Les deux vieux sont sans doute toujours en conflit, mais vous avez l’air plus clairvoyants, et plus intelligents … Les deux familles maitresses se doivent de se réconcilier …

Alice lança un sourire a Eliott, un sourire que seul la jeune femme japonaise, et lui, pouvaient apercevoir, et qui en disait long sur ce qu’elle pensait .

-Désolée, ça m’a échappé, mais cette comédie me fatigue, je ne vois pas l’utilité de sourire, et de faire des courbettes, s’il faut, hors regards papillonnants, expliquer a tout le monde a quel point l’entente est difficile …
-Alice, on a pas le choix … Vous m’éxcuserez, Sarah, je vous remercie pour la « protection » apportée, nous allons continuer seuls …

Lady Shizuka s’arrêta, lui sourit, et fit demi tour en inclinant la tête . Eliott poussa la porte, et la referma derrière lui . Il poussa Alice contre le mur, et posa ses mains sur le mur de manière a être au dessus d’elle .
-*****, Alice, tu pourrais pas la fermer ?! Si t’agis comme une bourge devant les autres, ils y croient, mais Sarah, elle n’est pas idiote, et elle va répéter ça a qui veut l’entendre, alors sois mignonne, ferme la .
-Je TE demande pardon ?! Depuis quand TU emploies ce genre de propos contre moi ?! Je te signale que si tu ne m’avais pas retenue, je serais loin ! Alors tu l’as un peu cherché hein !
-Alice ! Calmes toi, abrutie ! T’es idiote ou quoi ?!
Elle le fixa avec une lueur mauvaise du fond du regard .

-Répète ce que tu viens de dire !
-Tu es une idiote, Alice .

Il avait dit ça calmement, comme si le fait de faire du mal a Alice ne lui faisait rien . Elle bouillait sur place, et s’était pris une gifle intérieur très douloureuse .
Elle leva la main, paume tendue, et se sentit happée en arrière avant d’avoir réussis a toucher Eliott . Elle l’avait manqué de quelques centimètres a peine . Et la gifle avait faillit l’atteindre .

-Alice, arrête !
-Lache moi, Tom ! Laisse le se comporter en homme, si je veux lui en coller une, il est assez grand pour se défendre !
-Non Alice, c’est pas exactement ça … Eliott ?
- J’imagines que si on lui dit pas, son père ne lui dira pas .

Tom la retenait fermement, en l’aggripant au niveau des coudes seulement . Elle se débattit violement pour qu’il la lache, mais ne parviens qu’a se fatiguer .

-Arrête de t’énerver, Alice, tu vas t’épuiser .
-Lache moi !

Ses yeux se remplissaient de larmes, de rage, parce qu’elle ne parvenait pas a se libérer, et aussi a cause de ce qu’Eliott lui avait dit . Il fallait avouer que ce genre de choses fait mal . Là, seulement, il la lacha, elle lutta pour ne pas s’écraser par terre, et préserver un minimum d’équilibre .

-Alice . Calme toi, tu veux ?
-Aurais tu l’obligeances de fermer ta gueule ?!

Elle avait peut être crié un peu fort, certes, mais au moins, si elle ne pouvait pas y mettre les mains, elle y mettais du cœur . Elle leur tourna le dos, le temps de faire sécher ses yeux, et se retourna, les yeux emplis de haine .

-Raven, dis a ton sous fifre, que la prochaine fois qu’il me touche, je le fracasse . Ensuite, je répète, tu ne me parles pas comme ça . Si t’as besoin de te sentir supérieur, dis le, je vouvoie des cons, ça me changerais pas d’en vouvoyer un de plus, mais n’imagines pas que je sois de l’une des familles de sous catégorie qui se courbe devant ta belle gueule . Ce n’est pas le cas, ce ne le sera jamais, c’est bien clair ?

Eliott la regardait, calmement, passivement, tandis qu’elle calmait ses nerfs a lui hurler dessus .

-C’est bon, Mademoiselle je suis au dessus de tout le monde, t’es calmée ?

Il était un peu blasé par son comportement de gamine, parce qu’il savait, qu’elle avait du mal a supporter tout ça, et qu’il n’était pas foncièrement gentil, mais il fallait la faire taire, et il fallait qu’il puisse lui montrer ce qu’il avait a lui montrer . Il savait aussi que son commentaire était plus que méchant, et qu’il avait dû la blesser, mais il n’avait pas le choix . Il s’approcha de la jeune fille, qui était, ça se voyait, a deux doigts de fondre en larme, et l’enlaça maladroitement .

-Vas y, ne te retiens pas, tu peux pleurer devant moi, tu l’as déjà fais, ça ne me déranges pas …
-Tais … Toi .

Elle resta debout, bras balants, et fondit en larmes, le visage appuyé contre son épaule .

Il avait raison, elle avait déjà pleuré devant lui . Elle s’en rappelait assez distinctement, et lui encore plus . Parce qu’il était là, le jour ou tout est partit en cacahuètes …

Elle lançait le plus possible Chess a l’assaut de Nyx . Mais la K. des Ravens était encore plus puissante que sa kréature a elle . Elle avait finit par triompher .
-Vas y, Nyx, achève le .

La K, une louve croisée avec un guepard, un lion, et un poulet, avait une fourrure blanche qui reflétait chaque parcèle de lumière, lorsqu’il faisait nuit . Chess était un cheval, un étalons blanc, qui avait des yeux taillés dans du saphir . Un cavalier d’échiquier … Et Nyx, en abbatant sa patte, l’avait presque broyé .

-Chess !

Lorsque sa K avait été frappée, la douleur pshysique avait été si grande qu’elle était tombé a la renverse, et c’était Eliott qui l’avait rattrapé, avant que sa tête n’heurte le sol . Déjà que son père et lui ne se parlaient plus, mais le Seigneur de Raven aurait aimé voir la petite Grimm mourir, car sans héritier, le pouvoir leur revenait de droit . Son fils, n’étant pas aussi tordus, avait foncé, et avait atterit juste . Comme son père avait refusé de lui parler après ça, il s’était lui-même occupé d’Alice, le temps qu’elle se réveille . Il l’avait allongée sur l’un des nombreux canapés que contenait la bibliothèque, et avait attendus son réveil .
Quand elle avait ouvert les yeux, sa tête était posée contre les genoux d’Eliott . Elle savait qu’il la haïssait, il savait que c’était réciproque . Elle avait relevé la tête tellement vite qu’elle était tombée en arrière par la suite, avant de se relever rapidement, de nouveau, et de courir à la terrasse . Dès qu’elle s’était levée, il la suivit, pour l’empecher de regarder par le balcon, mais c’était trop tard, elle était déjà penchée en avant . Il la tira en arrière, pendant qu’elle se laissait tomber sur le sol .

-Grimm ! Qu’est-ce qui te prends de courir, alors que tu viens de tomber dans les pommes, t’es idiote ou quoi ?!
-Raven ! Je te signale que vu mon rang comparé au tiens, tu me dois le respect, alors lache moi, et laisse moi voir ce que je veux voir .
-Comme vous voudrez, majesté …

Il était vexé, et commençait a se dire qu’il aurait mieux fait de la laisser s’exploser le crane . Il n’aimait pas qu’on le rabaisse, alors qu’une Grimm lui rappel qui il était … il la lacha, et la laissa regarder le sol .

-Chess !

Un cris fusa, elle hurla . Il la retint, la tira en arrière, et l’envoya valser dans la bibliothèque avant de fermer la porte fenêtre et les volets .

-Stop, Grimm ! Ça va aller !

Elle le regarda, horrifiée, et se figea . Il s’approcha, et lui pris maladroitement la main . Ç’allait être compliqué, de rassurer une fille qu’il n’aimait pas du tout .

-Ils ont ! Vous avez ! Ils …

Elle fondit en larme, alors il la poussa doucement, pour la faire s’asseoir sur le canapé, pendant qu’elle se mettait à pleurer. Maladroitement, il la prit dans ses bras, et la cajola jusqu’à ce qu’elle s’endorme.

~

-C’est dégueulasse, ce que tu me dis.
-Je sais, Grimm, je sais. Désolé. Vraiment, je ne le pensais pas.
-Promis ?
-Grimm, je te le jure. Je peux t’expliquer pourquoi quand tu es en colère tu ne dois surtout pas lever la mais sur moi, ou sur Tom ?
- Je ne sais pas trop, j’ai peut de me faire arnaquer …
-Tu me fais confiance ?
-J’imagine …

Il lui prit la main, et l’emmena plus loin, près des barbecues, qui, laissés a l’abandon avaient servis de table de chimie a Tom.

-Alice, ne te mets pas a hurler. D’accord ?

Elle hocha la tête; peu assurée, et le regarda. Il tendit la main, comme s’il voulait qu’elle la prenne, et, paume tendue, fit courir le long de son bras, de gigantesques flammes.

-Vas-y, prends ma main.
-Tu te fous de ma gueule ?!
-Bien sur que non !

Elle lui lança un regard aigus, et lui répondit par un sourire moqueur, elle savait ce qu’il pensait, elle savait qu’il se disait qu’elle avait peur, elle posa sa main sur la sienne. Les flammes léchèrent d’abord ses avant bras, avant de se rétracter, elle eut beau ne pas bouger, celles-ci refusaient de revenir sur elle.

-Comment ?!
-Bah, c’est facile. Eux choses, la première, je les maitrise, mon but n’étant pas de te carboniser … La seconde, encore mieux, même si je voulais, je n’y parviendrais pas, regardes …

Il prit sa main, et devant un verre d’eau, la laissa.

- Vas-y, essaie de me la balancer dessus, Grimm.

Elle le regarda, amusée, et secoua la main comme une gamine, avant de fermer les yeux, à cause du soleil. Quand elle les rouvrit, Eliott était sec, mais Tom soufflait sur ses mèches trempées avec un air surpris, comme si ce n’était pas à lui de se prendre l’eau.
Le verre était plein.

-Grimm, tu gères.
-Je ….
-Tu cales maintenant, pourquoi c’était vous les numéros un, et pourquoi si tu me claques, je suis dans la ***** ?

Elle hocha faiblement la tête, et le regarda avec un air amusé, contente de la découverte du jour. Un peu secoué, peut être …

Il lui ébouriffa les cheveux, et se retourna. Une mine embêtée se dessina sur son visage. Alice, elle fixait ses mains avec étonnement.

-Grimm ?
-Ouais ?

Elle releva la tête elle aussi, et pinça les lèvres, avant de se redresser, de prendre un air embêté, et timide, et de fixer les trois enfants des trois autres grandes familles.
Dans le tas, il y avait Catherine, le vent, une jolie pétasse comme on en fait pas deux.
Suivait Amaryllis, la terre. Réservée, peu sure d’elle, la jeune fille de la dernière catégorie.
Et, l’enfant de la quatrième famille, qui ne servait strictement à rien, et qui était là, seulement pour l’équilibre.

-Et bien, nous constatons avec joie que miss Grimm a fait la récente découverte de ses dons, a défaut d’avoir su protéger Chess, et qu’elle est suffisamment proche de vous, pour vous tutoyer … Et qu’elle a un langage réellement désastreux.
-Plait-il ? Ce n’est pas à moi qu’elle s’adressait, mais a Tom.
-Oui, exactement … Nous vous croyons tous les trois, n’est-ce pas Amaryllis ? N’est-ce pas, l’autre ?
-Fous lui la paix, Catherine, elle est plus haut placé que toi, tu lui dois le respect.
-Elle a perdu sa K ! Elle est minable !

Alice s’avança à grands pas furieux, et se pointa devant la blondasse qui la toisait avec dédain.

-Jamais je ne m’abaisserais au rang minable, car je te serais toujours supérieur, vois-tu ? Tes parents doivent avoir honte de toi, ta famille ne dois rêver que de te renier, alors ne me fais pas passer pour une faible, parce que ce que je vois quand je te regarde, ou quand je regarde ceux qui te fixent, c’est de la pitié. Catherine, la fille qui ne savait pas se démerder sans son groupes de serviteurs … La fille incapable de sourire, ou juste, la pétasse qui se croyait supérieur aux autres. Tu n’es qu’un troisième rang, tu ne connaîtras jamais l’honneur d’être respectée, et crois moi, ça vaut mieux ainsi.

Eliott les regardait avec un air mi amusé mi embêté, il tira Alice par le bras, elle résista.

-Arrêtes ça Alice, elle va aller se plaindre a mon père …
-Rappelles moi c’est quand qu’on se tire ..?
-Ce soir, tu racontes ta vie à des gens, pour la cérémonie. Demain on déjeune, et on se casse.
-Ok, donc tu peux me la montrer, ma chambre ?
- Allez-y faites comme si on n’était pas là !
-T’inquiète pas, c’est ce qu’on fait … Tu montes, Alice ?

Il lui ouvrit la porte et la fit entrer à l’intérieur. Elle alla se poser sur le lit, et lui, tira une chaise d’un bureau pour s’asseoir en face d’elle.

-Alors, j’ai géré ? Je me dé***** bien ?
-Oui, bon, Catherine est une … Bref, et l’idée de nous voir réconcilier les deux familles la met en rage, parce que si nous nous entredétruisons, elle aura la première place … Tu comprends ?
-Bah ouais, je comprends aussi que je ne l’aime pas du tout, et que cohabiter va être chaud …
-En revanche, tu devrais porter plus d’attention a ton langage, en privé comme en publique, si tu y fais attention, tu auras moins de difficultés …
-D’accord, je vais essayer de remettre ça d’équerre.
-Bien, bon je te laisse, tu devrais dormir un peu … Je viendrais te chercher ce soir …

Il ferma la porte, alors elle se glissa sous les couvertures. La lumière du jour ne la dérangea pas, elle ronfla comme un sonneur jusqu’à environs dix neuf heures. Eliott rentra car elle ne ‘entendait pas frapper a la porte, et dû la secouer pour la réveiller.

-Alice ?
-Mmh ?
-Debout, t’as qu’une demie heure pour te préparer …
-Mmh …

Comme elle ne l’écoutait pas, il la fit s’asseoir et la regarda un moment avant de s’emparer des pinces posées sur la table de chevet. Il remit sa coiffure en ordre, la remontant un peu, pour ne pas qu’elle a l’air de ne pas s’être peignée, et la tira en avant pour qu’elle se lève.

-Bon, je sais que t’es crevée, mais fais un effort, va te changer, je t’attends là.

Elle se dirigea dans la salle de bain pour enfiler une autre robe. Plus cintrée, et qui faisait plus adulte. Blanche, avec des manches amples, qui couvraient ses mains lorsque ses bras restaient ballants, et le jupon, assez fournis, s’arrêtait dessous ses genoux. Elle remit en ordre son maigre maquillage, et sortit de la salle de bain.

-Nickel. On y va ?

Elle hocha la tête, avec un air maussade, avant de faire demi tour, et de foncer dans la salle de bain. Faiblarde, elle sortit de la valise une paire de boucle d’oreilles en cristal et en argent, et les attacha à ses oreilles. Pas qu’elle veuille être plus jolie que la moyenne ou autre, mais ces boucles appartenaient a sa mère, alors elle avait tout intérêt à les porter. Elle se baissa, et fit sortir une parure de cristal, toujours, qu’elle attacha à son cou. Voilà, là, c’était nickel.

-C’est bon ?
-Ouais, deux secondes … Je mets des godasses pas trop pourries … Tu peux vérifier qu’elles ne sont pas sous le meuble à coté du lit ?
- Nan, elles n’y sont pas …
-Ok …

Elle sortit, pieds nus, et le regarda avec un air embêté.

-J’ai oublié mes godasses dans le train, et les bleus ne vont pas avec le reste …
-Pas grave, on n’a pas le temps de trainer, ai l’air assuré, on pensera que c’est bon.

Ils descendirent et traversèrent le chemin qui les menaient a l’église en courant, malgré les pieds nus d’Alice, et poussèrent les portes doucement, en cherchant leur respiration.
Quand elle fit son entrée, elle était radieuse, et toute trace de sommeil avait été effacée. Elle n’était pas extraordinairement belle ou quoi que ce soit, mais elle resplendissait la fierté, même si tout était joué. On se tut, et les invités s’assirent, la laissant traverser la pièce, pour se poster devant le seigneur de Raven. Elle inclina la tête avec humilité, et la releva quand il le lui demanda.

Toute la cérémonie se déroula avec légèreté. Le père d’Eliott était très pro, il ne dit rien de mauvais sur Alice, lui fit réciter le psaume, en quelques temps, ce fut réglé, et elle put aller se coucher dès que tout fut finit, et qu’elle eut salué les invités. Elle rayonnait toujours, mais avait peut être un peu trop but, car chaque fois qu’elle venait parler vers quelqu’un, elle acceptait le verre de vin qu’on lui tendait. Eliott la rattrapa, saoule, qui cherchais la sortie, près des escaliers.

-Grimm ! P… Mais qu’est-ce que tu as bus ? Pas du jus, m’est avis. Bon, cas de force majeure, je vais dire qu’on rentre.
-P p pourquoi ? C’est amusant, Mmh de rester là, les gens sont sympâ …
-Ouais, mais t’es ivre, alors accélère.
Il la conduisit dehors, malgré ses protestations, et la fit rentrer dans le manoir aussi vite qu’il put. Elle grelottait, mais n’avait pas les idées claires … Il la fit s’asseoir, enleva les boucles d’oreilles, le collier, et les pinces, et sortit en éteignant la lumière. Elle dormait déjà, assise, sur le lit …

Le lendemain, il ouvrit la porte elle n’avait pas bougé. Quand il la secoua, elle gémit, et plaqua ses deux mains contre ses tempes.

-Parles pas si fort, idiot ! Je souffre là, ça ne se voit pas ?!
-T’as la gueule de bois, t’as trop bu, pour une première fois …

Elle renifla dédaigneusement, et accepta le verre et le cachet qu’il lui tendit.

-Bon, tu t’apprêtes, on va partir déjeuner, puis on part en randonnée, comme je t’avais dit.

Elle hocha la tête, se changea, enfila un pantalon et un tee shirt, et descendit déjeuner. Assise, elle ne toucha pas à son repas, prétextant le mal de tête, qui s’était évaporé un quart d’heure après la prise du cachet. Elle en profitait surtout pour démêler ses émotions, et se demander si ce qu’elle ressentait quand il lui parlait, c’était vraiment ce qu’elle pensait. Puis ils partirent.

Cinq minutes après s’être engagé sur le sentier, il se demanda si c’était une bonne idée .Il passa une main dans ses cheveux, et tourna la tête pour regarder derrière lui. La petite brune le suivait sans difficulté, et lui lançait de temps à autre des œillades pour le moins intéressantes ... Il finit par soupirer, et s'arrêta. Il fallait que ça cesse, tout, les faux espoirs qu'elle entretenait, tout ... Il se mordit la lèvre, sachant qu'il lui ferait plus de mal s'il n'agissait pas ainsi ... Tout, dans les vibrations d'Alice montrait qu'elle ressentait plus que de l'amitié, et lui, qu'avait-il a dire ? Il s'était fait endoctriner de la même manière qu'elle ... Il se haïssait presque, mais il n'avait pas intérêt a rater ce qu'il allait faire, parce qu'après, elle le détesterait tellement qu'elle ne voudrais plus le voir, alors au moins lui laisser un bon souvenir ...Il la pris par les poignet, le regard résolus, et sourit de son air interrogatif .

-Désolé ...

Et il l'attira contre lui. Le tout ne dura pas plus de trente secondes, ce fut un baiser chaste, sans plus, mais Alice se sentait subitement mieux, parce qu'il avait compris. Il fourra son visage dans ses cheveux lâchés, qu'elle avait laissé retomber en cagues sur ses épaules, elle arrêta de respirer .Quand il se décida à la fixer, elle perdit son beau sourire, face a son air résigné, et las.

-Qu'est ce qu'il y a, Eliott ? Je suis nulle hein, c'est ça ? Ou alors tu as compris que...
- Non, Alice, ce n'est pas ça ...

Un sourire triste lui échappa.

-Si seulement ... Alice, ce n'est pas une histoire de toi, ou même de moi, ça dépasse ça ... Je voulais juste que tu le saches ... Et que tu comprennes que malgré tout, c'est impossible.

Elle recula, les yeux humides, et le regarda avec un air triste. Il déposa un baiser sur son front, et partit, la laissant seule, avec son chagrin, et ses pensées obscures, avec sa toute première peine de coeur ... Et un couteau, soigneusement rangé dans la poche ...
Elle le sortit, fit jouer la lame contre son pouce et ressentit une légère douleur quand le sang perla. Elle ressentit aussi une toute autre choses, la sensation d'être vivante, et elle se dit que si elle voulait le ressentir de nouveau, elle devait retenter l'expérience, à plus grande échelle. Elle se sentait lasse, très lasse ... Si retenter signait son arrêt de mort, tant pis ... A quoi bon vivre quand on est rejette ?
Elle regarda le manche d'argent incrusté de Saphir, et pris sa décision. Et maintenant, la meilleure chose à faire était d'attendre que le sang s'égoutte, puis se disperse, la laissant inerte, mais avec ce sentiment de vie ... puis la mort.
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MessageSujet: Re: Demande Particulière   Lun 7 Jan - 16:23

Merci du partage, si vous êtes d'accord, ceci apparaîtra à la gazette du Forum (:

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Wycen

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MessageSujet: Demande Particulière   Mer 9 Jan - 16:10

Encore Merci et à bientôt !
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MessageSujet: Re: Demande Particulière   

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Demande Particulière

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